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FRA – Pourquoi je déteste Paris (et pourquoi je ne veux pas partir)

Les proverbes disent toujours que dans la vie, on a rien sans rien.

Ce n’est surtout pas un an en voyage à Paris qui fera exception.

Ça m’a pris un bon mois pour me faire à l’idée de payer 7 dollars un sandwich et je ne me suis toujours pas remis d’avoir à dépenser le prix d’un café si je veux utiliser les toilettes sur un coup de tête – de crainte que quelque chose d’autre ne se paye mon pantalon. J’ai toujours pensé que les toilettes publiques (vous voyez de quoi je parle ?) étaient une sorte de farce sadique inventée par Rollercoaster Tycoon (jeu vidéo, NDLR) et créées pour me permettre  de rire aux éclats des petits personnages de dessins animés vomissant partout sur l’écran de mon ordinateur, mais j’aurais dû savoir que les Parisiens, que les stations puant la pisse ne dérangent pas, seraient au-delà du stratagème. Mais là, je m’égare.

Le prix excessif de mon échange international ne vient pas en fait du coût de la vie mais d’avoir à rectifier mes attentes, ce qui a été la meilleure attitude.

Quand les gens me demandent des nouvelles de Paris… en fait, d’habitude, ils ne me demandent rien. Ils formulent des déclarations du style “Tu dois t’éclater!” ou bien “Parle-moi de ta petite amie française !”, ou bien ils posent leurs questions avec la réponse déjà en tête, du genre “A quel point est-ce merveilleux là-bas ?” Malheureux de leurs vies bien rangées, ils attendent de moi que je vive leurs rêves, donc – au risque de passer pour un geignard, un indifférent salaud à l’approche mon retour – mes réponses à ces “questions” incluent forcément à chaque fois les mots “amazing,” “unbelievable,” ou encore “incredibly hot.” ( « génial, incroyable…). Le problème c’est que, comme toutes les comparaisons entre fantasme et réalité, le Paris de l’imagination des Américains du Midwest ne colle pas vraiment au Paris du monde réel.

Les guides de voyage et les films de Marie-Kate & Ashley qui façonnent le Paris des Américains du Midwest n’ont pas pour habitude de mentionner l’énorme population de sans domiciles fixes (SDF), les trottoirs de merde dont les côtés sont infestés de pigeons, les rues embouteillées ou encore la lugubre et morne monotonie de l’abîme sans soleil et sans neige qui va de décembre à mars.

Une fois arrivés ici, les touristes eux même ne remarquent pas non plus ces choses – parce qu’ils ne veulent pas gâcher leur trip. Pour le peu de temps qu’ils sont sur Paris[1], ils sont rattrapés par leur monde de rêve mythique, partial, auto-créé et super-imposé, malheureusement renforcé par les festivités. C’est un cercle vicieux : ils voient ce qu’il veulent voir.

Ils ignorent les regards vides dans le métro parce qu’ils sont trop occupés à raconter des bêtises à propos de la Tour Eiffel qui s’allume. “Oh mon Dieu, c’était si inattendu !” Ils se dirigent sans s’inquiéter à travers les nuages de fumée de cigarette, les foules errantes parce qu’ils trop occupées à dire des bêtises à propos des politesses pour s’asseoir à côté de quelqu’un dans un café. ( Ce concept révolutionnaire les protège aussi des prix scandaleux qu’ils payent pour les mauvaises commandes, servies d’habitude avec une pointe de dédain.) Et ils ne doivent pas faire face aux plaintes  incessantes, généralisées et affligeantes car « ces mecs géniaux du Frog and Princess (Pub anglais) hier soir” sont toujours là pour se joindre à leur enchantement.

Mais tout le monde ne peut pas être aussi inconscient et je sais maintenant pourquoi les Parisiens sont si froids. Ils doivent entendre ces stupidités. Tous les jours. Ils voient bien les sans domiciles fixes à chaque coin de rue. Tous les jours. Ils sentent bien la pisse dans le métro. Tous les jours. Et ils marchent dans une crotte ou bien se font chier dessus par les pigeons. Presque tous les jours. Ils sont accablés par le train-train quotidien d’une ville conçue pour des vacances et leur seule ressource est tout simplement de tout refouler. Bien sûr, cela rend la vie encore plus maussade.

Le truc, en fin de compte, est de trouver dans la réalité submergeante, inhumaine et fadement énervante de la vie quotidienne des parisiens les éléments qui permettent d’être romantique. Et je ne parle pas de prendre du temps libre après l’école ou le travail pour aller voir la collégiale Notre Dame ou l’Arc de Triomphe, bien que ça en fasse parti. Je parle d’aller chercher dans cette ville ce qui vous intéresse. Bien que pour les Américains du Midwest la manifestation de l’idéal parisien puisse prendre les formes sans intérêt d’une masse d’acier scintillante ou d’un petit portrait dépressif, de tels symboles ne sont pas les véritables raisons pour lesquelles les gens viennent à Paris pour les admirer.

Le truc est de trouver vos propres symboles, pour vos propres raisons. Vivre à Paris ne doit pas étouffer son aura, mais la renforcer. C’est bien plus facile pour nous de fermer notre esprit à la réalité quand cela ne correspond pas à nos idéaux, en agissant ainsi, nous manquons tout ce qui vaut le coup. En citant pompeusement Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry : “Droit devant soi on ne peut pas aller bien loin[2].” En d’autres termes, pour établir une comparaison révélatrice aux équivalents Nord américain, Ferris Bueller avait raison quand il a dit “life moves pretty fast. If you don’t stop and look around once in a while, you could miss it.” (La vie passe vite. Si tu ne t’arrêtes pas pur regarder un peu autour de temps en temps, tu pourrais bien la manquer)

Nous devons donc faire un effort concerté pour apprécier tout ce que Paris a à offrir ; pour rectifier nos attentes avec la réalité. Sinon, frustrés par le fossé entre la réalité et nos attentes, on trouve que Paris est misérable à vivre. Cela peut sembler cher payé pour de l’autosatisfaction mais avec les possibilités que Paris offre, cette façon alternative de voir les choses vaut le coup au final. En fait, comme on dit, dans la vie, tout se paye.


[1]NDT : en français dans le texte.

[2] NDT : en français dans le texte.

Traduction de Raphaël Girault & GLG

Article publié pour la première fois le 26/01/2010

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ENG – Why Paris sucks (and why I don’t want to leave)

« Les guides touristiques ne parlent pas de l’énorme population sans-abri, des trottoirs jonchés de crottes de chien qui longent ces rues, embouteillées et infestées de pigeons. »
Le Paris mythologique des Nord-Américains est une construction éloignée de la réalité, que seuls les touristes poursuivent. Vivre à Paris est une confrontation quotidienne à cette réalité. La vie parisienne détruit les mythes et les clichés. Pour le meilleur.

The proverbial they always say that nothing in life comes cheap. And a year abroad in Paris is definitely no exception. It took me a good month before I could rationalise paying seven dollars for a sandwich, and I still haven’t gotten over the fact that I’m going to be run at least the cost of an espresso if I want to use a bathroom on a whim – lest something else run down my pants. I always thought that the pay as you go bathroom (get it ?) was some sadistic/hilarious invention of Rollercoaster Tycoon that was created to enable me to laugh uproariously at tiny cartoon characters throwing up all over my computer screen, but I should have known that the Parisians, unflinching in their dedication to have all of their Metro stations reek of piss, would have been behind the ploy.
But I digress.

The steep price of my exchange hasn’t in fact been due to the outlandish cost of living here; turns out that rectifying my actual experience with others’ expectations of what it should be has taken the much greater toll.
When people ask me about Paris…well they usually don’t actually ask me anything. They rather frame statements like “You must be having a great time!” or “Tell me about your French girlfriend!” as questions, or pose their questions with the answer already in mind, as in “How amazing is it there?” Unhappy with their own regular lives, they expect me to be living their dream, so – at the risk of being castrated for being a whiny, unappreciative asshole upon my return – my answers to such “questions” must always include the words “amazing,” “unbelievable,” or “incredibly hot.” The problem is that, like most comparisons between idealised fantasy and reality, the Paris of the North American imagination really doesn’t stack up to the Paris of the real world. (Note: I understand that many North Americans conceptualise “the real world” as a TV show instead of as actual reality, but I think that that only reinforces my point.)

The tour books, travel guides, and Marie-Kate and Ashley movies that create Paris for North Americans usually don’t mention the city’s noticeably enormous homeless population, the shit walkways that flank its pigeon-infested and traffic-jammed streets, or the bleak, glum monotony that is its sunless, snowless abyss of December to March.
And once here, the tourists themselves don’t notice these things either – because they don’t want to spoil their own fun. For the brief time that they are sur Paris, they get caught up in their partially self-constructed, partially super-imposed mythological dream-world because it is sadly reaffirmed by their revelries. It’s a vicious cycle: they see what they want to see because they want to see it.
They ignore the blank stares on the Metro because they are too busy blathering on about the Eiffel Tower lighting up. “Oh my God, it was just like so unexpected!” They drift unconcerned through the clouds of cigarette smoke puffing out of the meandering crowds because they are too busy blathering on about the civility of sitting next to somebody at a café. (This revolutionary concept also protects them from the outrageous prices they pay for the wrong orders, which are usually served with a side of disdain.) And they do not have to cope with contrived, over-generalised, and incessant blatherings because “those awesome guys from the Frog and Princess last night” are always there to join them in their amazement.

But not everybody can be so oblivious, and I now know why Parisians are so cold. They do have to hear such blatherings. Every day.They do see the homeless at every street corner. Every day. They do smell the piss in the Metro. Every day. And they do step in shit, or get shit on. Almost every day. They are overpowered by the daily grind of a city designed for temporary vacationing, and their recourse is to simply block it all out. Of course, that only makes life more miserable.

The trick, then, is to find within the overbearing, inhuman, and just-plain-annoying reality of Parisian everyday life the elements that allow it to be romanticised. And I am not talking about taking time off from school or work to go see Notre Dame or the Arc de Triomphe, though that may be part of it. I am talking about taking from the city whatever it is that you want it to provide. For while North American manifestations of the Parisian ideal may take the uninspiring forms of a twinkling mass of steel or of a depressingly small portrait, such symbols are not the real reasons that people escape to Paris to admire them.

The trick is to find our own symbols, for our own reasons. Living in Paris should not stifle its aura, but should strengthen it. So while it is much easier for us to close our minds to our reality when it does not live up to our ideals, in doing so we miss all that does. To snobbishly quote Antoine de Saint-Exupéry’s Le Petit Prince: “Droit devant soi on ne peut pas aller bien loin.” In other words, and to tellingly draw a comparison to the North American equivalent, Ferris Bueller had a point when he said that “life moves pretty fast. If you don’t stop and look around once in a while, you could miss it.”

We must therefore make a concerted effort to appreciate all that Paris has to offer; to rectify reality with expectations. Otherwise, sedated by regular responsibilities and frustrated by the gulf between real life and outside expectations, we find in Paris but a miserable place to live. It may seem like a heavy price to pay for complacency, but with the possibilities that Paris provides those of the alternative mind set, it all becomes worth it in the end.

Indeed, as they say, nothing in life comes cheap. ●

Jake HELLER

Résident à la Fondation de Monaco 2008-2009
Etudiant à l’Université McGill de Montréal


Article first published on the 26th of January 2010

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FRA – Le rythme parisien : est-ce que tu arrives à t’y faire ?

Traduction française:

Le rythme parisien : est-ce que tu arrives à t’y faire ?

Quand on était en Chine, on se plaignait toujours du rythme de la vie qui s’accélérait sans cesse, et on songeait à aller en Europe où on mène une vie plus paisible, plus douce et plus à l’aise. On pensait, aux petits sommes, aux parcs et à l’odeur du café sur la rive gauche. Mais quand on vient vraiment à Paris, ne trouvez-vous pas, comme moi, qu’il n’est pas si facile de s’habituer au rythme parisien ; et, par conséquence, n’éprouvez-vous pas aussi un « cultural shock » réel? Tu t’aperçois que toutes les formalités se font par correspondance, et que la réponse dépasse toujours les limites de la patience; tu t’aperçois que l’on ne se dépêche jamais en montant ou en descendant dans le métro, alors même que le sac ou le « derrière » de la dernière personne risque toujours d’être pincé par la porte; tu t’aperçois que la queue dans la cantine universitaire est même plus affreuse que celle en Chine, mais tes camarades français peuvent toujours bavarder et patienter en souriant, malgré la protestation de l’estomac; tu t’aperçois que pour un vrai repas au restaurant, on peut attendre devant le restaurant pendant trois heures, et passer même plus de temps à table. Tu sens toujours une pulsion d’hurler : « Dépêchez-vous, s’il vous plaît! »

C’est l’Europe, c’est Paris. Le temps n’est plus autant précieux, et le rythme est beaucoup moins tendu. Si le rythme de vie à Hongkong s’assimile à une polka, celui de Pékin à une sonate, alors ici, c’est vraiment une valse. Personne ne semble connaître cet adage chinois : « une seconde de temps vaut une pièce d’or »; d’autant moins va-t-on accepter l’idée de M. LuXun (un grand écrivain chinois du début du 20ème siècle) : « gaspiller le temps des autres équivaut au pillage et au meurtre ». Se calmer, patienter, c’est la vie.

Est-ce que les français n’ont pas de pression dans la vie? Pas vraiment. Les études à l’université sont quand même dures (le taux d’échec est beaucoup plus élevé qu’en Chine), ceux qui travaillent se battent aussi pour le pain, mais les travaux dus seront quand même faits et rendus. Ils ne veulent justement pas sacrifier cette « inertie » vis-à-vis au temps. Aux yeux des français, la détente est un indice très important du bien-être. On pense parfois que cela reflète le caractère paresseux, flémard, des français, bien évidemment les français n’acceptent pas ces critiques. Ils vont prétendre qu’ils investissent beaucoup dans les 35 heures, et même argumenter en invoquant les chiffres qu’ils ont la plus haute productivité par heure du monde. En tout cas, la différence du rythme ne provient pas de la différence de la pression de vie, et ne résulte pas du tout d’un prétendu « défaut du caractère » du peuple français. Cela n’émane que de la différence de mentalité et d’attitude envers la vie. Lire la suite

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CHI: 自来水-你敢喝吗?(FRA: L’eau du robinet – tu oses en boire?)

法国人喜欢喝自来水吗

En Chine, on ne peut pas boire de l’eau du robinet directement, il faut obligatoirement la faire bouillir. Mais ce problème n’existe pas en France! Certains résidents se demandent si l’eau de Paris est propre à la consommation : elle l’est ! Alors, est-ce que tous les français boivent l’eau du robinet? L’eau dure nuit-elle à notre santé ? Miao, résident de la MIAA, nous apporte ici une magnifique démonstration qui répond à toutes ces questions.

 

eau_distribution_robinet

  在法国,人们可以直接饮用自来水。即使这样,大多数法国人仍然购买瓶装水, 他们认为自来水中没有丰富的矿物质,而且也不喜欢漂白粉的味道。这一饮水习惯自2006年开始出现逆转。如今,法国人自来水饮用量逐渐增加,已超过了瓶装水。08年的调查表明,自来水的饮用量占到了59%高于瓶装水的41%。而有67%的人表示他们每周至少喝一次自来水。近几年来,法国着手提高自来水的品质。巴黎市的自来水和某些品牌矿泉水一样,富含矿物质等对身体有益的成分。这受到了巴黎市民的广泛欢迎。但是,对我们而言,直接饮用自来水还未完全被接受,很多赴法留学的学生都会带一个电热壶,把水加热了再喝,对于喜好喝茶的人们,开水冲茶是必不可少的。

热自来水可以直接饮用吗?

对于热自来水,很多人会把它和供暖设备的回用水混为一谈,回用水含有很多对身体有害的杂质,无法饮用。供暖设备的回用水和饮用水的加热设备是两套独立的系统。自来水经锅炉加热后,进入饮用水管道,通往厨房和浴室。其加热的原理如同电热壶中电热丝一样。而对于暖气设备的热水,一部分回用进行在加热,一部分则排入污水管道。

饮用热自来水的另一个担忧是由于水在锅炉中长时间加热,产生了一些有害物质。比如硝酸盐与亚硝酸盐。水烧开后并不能去除它们,相反长时间加热会增加他们的浓度。硝酸盐在人体内会转化成亚硝酸盐,而后者对人体有害。法国的饮用水水质指标规定了硝酸根需低于50mg/l, 亚硝酸根低于0.1mg/l,日常用水即使反复加热后,浓度也应该不会大幅增加,所以仍可直接饮用。妥当的办法是参照饮用水水质指标,分别测试两种情况下硝酸盐和亚硝酸盐的浓度,便能得到结论。如果仍有顾虑,还是以冷水做饭,煮汤和饮用为宜。

硬水有害健康吗

  法国的大多数地区都属于硬水地区。常常听到有这样的说法,“烧完水的电热壶,全是水垢,水太脏了”。水垢的产生是由于水中钙、镁离子的化合物在高温下分解成沉淀。我们所饮用的水中多多少少含有钙和镁。那么含量多少才不影响健康呢?我国的饮用水标准规定不超过450mg/l(碳酸钙)的量,世界卫生组织规定500mg/l(碳酸钙)。而法国的饮用水标准竟然要求水的硬度大于150mg/l(碳酸钙),原因在于太软的水会腐蚀管道,腐蚀物会造成水质不佳。此外,钙与镁是人体中的宏量元素,喝硬水是补充这些元素的途径之一。相反,太软的水往往呈酸性,经常饮用会带走人体中的钙质。如果觉得水垢太厚,可以加入醋煮沸,变可有效将其去除。

CHEN Miao (陈淼)

L’eau du robinet, tu oses en boire?

 

Les français n’aiment pas l’eau du robinet ?

En France, on peut boire de l’eau du robinet directement. Mais, la plupart des français préfère l’eau en bouteille, car ils pensent que l’eau du robinet ne contient pas de minéraux et le goût de chlore est si fort qu’ils ne l’aiment pas beaucoup. Depuis 2006, cette habitude commençait à changer. Maintenant, la consommation de l’eau du robinet augmente (59%) progressivement et excède désormais celle de l’eau en bouteille (41%), comme il fut montré par une enquête en 2008. 67% des personnes interrogées disent qu’elles boivent de l’eau robinet au moins une fois par semaine. Récemment, la France s’efforce d’améliorer la qualité de l’eau du robinet. L’eau de Paris, fournie par la municipalité, contient des minéraux contribuant à la santé comme l’eau minérale, ce qui est bienvenu pour les parisiens. Néanmoins, pour les chinois, boire de l’eau robinet directement n’est pas encore accepté universellement. Beaucoup d’ étudiants apportent une bouilloire électrique quand ils arrivent en France et boivent de l’eau seulement après en avoir réchauffé. Surtout, pour du thé, l’eau chaude est indispensable.

Peut-on boire l’eau du robinet chaude ?

Pour l’eau robinet chaude offerte par des tuyaux, beaucoup de gens la confondent avec l’eau recyclée de chauffage qui contient des substrats nuisants à notre corps et ne peut donc pas être bue. L’eau de chauffage traverse la système et est donc totalement indépendante de celle de l’eau du robinet. Et, après avoir transmis la chaleur à nos chambres, une partie de l’eau est recyclée et l’autre s’échappe. Par contre, l’eau du robinet est conduite aux cuisines et aux salles de bain à travers des tuyaux après avoir été réchauffée par des chaudières. C’est comme la bouilloire électrique que nous utilisons pour réchauffer l’eau.

Un autre souci pour l’eau chaude sont les particules produites après avoir été chauffée longtemps. La concentration de nitrates et de nitrites, par exemple, augmente en raison de l’ évaporation de l’eau. Des nitrates se transforment en nitrites qui sont délétères. La critère de l’eau potable française, définissant le plafond de 50 mg/l pour des nitrates et 0.1 mg/l pour des nitrites, contrôle une concentration si faible que la concentration n’augmente pas sur une grande échelle après un réchauffement un peu long. Si on peut doser l’eau chaude à la sortie du robinet et la comparer avec l’eau du robinet froide,  cela pourrait contribuer à comprendre ce problème. Bien sûr, faire la cuisine avec l’eau du robinet froide enlève ce souci.

L’eau dure nuit à notre santé ?

L’eau, dans la plupart des régions de France est « dure ». On dit souvent que la bouilloire électrique, couverte par des incrustations, rend l’eau sale. Ces incrustations sont des sédiments décomposés des composés chimiques d’ions de calcium et de magnésium à haute température. Ce que nous buvons en contient plus ou moins. Alors, quelle concentration de dureté (taux de calcium et de magnésium dans l’eau) ne nuit pas à notre santé ? La Chine définit 450 mg/l, alors que l’organisation mondiale de la santé en prévoit 500 mg/l. Néanmoins, la France demande la dureté de l’eau potable supérieure à 150 mg/l, parce que l’eau trop douce va corroder des tuyaux et affecter la qualité de l’eau. En outre, boire l’eau dure est aussi une façon de compléter ses besoins en calcium et en magnésium. Par contre, l’eau douce est souvent acide  et fournit faiblement du calcium à notre corps. Si les incrustations sont épaisses, l’ajout de vinaigre lors d’un réchauffage va les éliminer.

 

Traduction de l’auteur,                                                                                                                                                                   Chen Miao

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GER: Schwarzer Streikdonnerstag (FRA: Mon jeudi noir dans les grèves)

Schwarzer Donnerstag


Le  jeudi 29 janvier 2009 fut un jeudi noir, ou schwarzer Donnerstag. «Spécialité française», au même titre que le fromage ou le vin, la grève est un véritable phénomène culturel national, une façon unique qu’ont les français de gérer leurs conflits sociaux, au fil des siècles. Quelque 3 millions de personnes dans les rues du pays, un gouvernement paniqué, et Paris bloqué laissaient une impression assez surréaliste. Au-delà du bien-fondé du conflit en lui-même, une résidente allemande nous raconte «son» schwarzer Donnerstag.

Traduction ci-dessous

Am Donnerstag, den 29.Januar, fand also der große Generalstreik, auf französisch « Grève générale », statt. An diesem auch « Jeudi noir » genannten Tag sollte ganz Frankreich lahmgelegt werden, um gegen soziale Missstände, als ungerecht empfundene Arbeitsbedingungen, Sarkozys unbeliebte Reformen und die Auswirkungen der Krise zu demonstrieren. Vor allem der Dienstleistungsbereich war betroffen. Das bedeutete zum Beispiel keine Post oder Müllabfuhr, verspätete Züge, volle Metros. Auch Krankenhäuser oder Kinderkrippen wurden bestreikt. Wegen der Blockaden im Nahverkehr hatte meine Uni schon vorsorglich alle für diesen Tag geplanten Klausuren auf die Folgewoche verschoben. Mich betraf das zum Glück nicht, da ich meine letzte Klausur am Mittwoch hatte. Am Donnerstag bekam ich erst mal nicht wirklich etwas vom Streik mit, da ich mich erst gegen Mittag auf den Weg in die Stadt machte und nicht den RER, sondern ein Vélib nahm. Damit steuerte ich das Centre Commercial an der Place d’Italie an, um endlich auch mal von den Soldes, also dem Winterschlussverkauf, zu profitieren und mich mit Shopping für die vorhergegangene Intensiv-Lernphase zu belohnen ;). Das klappte auch alles wunderbar, da der Handel ja nicht mit streikte.

Den Streik nahm ich zum ersten Mal wahr, als ich bei Saint Michel 10 Minuten nach einer freien Vélib-Station suchen musste. Denn die Idee, aufs Fahrrad auszuweichen hatten scheinbar noch mehr Leute gehabt. Aber richtig krass war es dann erst bei der Opéra Garnier. Da war ich im wahrsten Sinne des Wortes mittendrin: Hunderte von Demonstranten, dazwischen Fotografen, Reporter und ein großes Polizeiaufgebot, auch die « forces anti-émeutes », die mit schweren Stiefeln, Schienbeinschützern, dicken Schutzwesten, Helmen und auch Schlagstöcken ausgestattet sind. Dazu eine enorme Geräuschkulisse aus Trillerpfeifen und Megaphonen. Irgendwann brannten dann auch ein paar Leuchtraketen. Aber zum Glück keine Autos ;)! Soweit blieb es dann doch friedlich. Manche Demonstranten nahmen sich auch eine Auszeit und stöberten bei Promod und Zara die Angebote durch.

Trotzdem blieb der Verkehr noch bis in die Nacht blockiert. Meine RER-Station an der Cité U war geschlossen, weil die RER B nur noch zwischen zwei Haltestellen verkehrte. So musste ich, um abends zu einer Freundin zu kommen, erst die Tram und dann 3 verschiedene Metrolinien nehmen. Und nach Hause bin ich einfach mal wieder mit dem Vélib gefahren. Merci, dass es das gibt !

Amanda GRITTNER

http://tubinga.de/

Grève Générale à l’Opéra Garnier:


La grande grève générale a donc eu lieu jeudi 29 janvier 2009. A ce jour, qui est aussi appelé « jeudi noir », l’objectif était de paralyser toute la France pour manifester contre des problèmes sociaux, des conditions de travail injustes, les réformes impopulaires de Sarkozy, ainsi que les répercussions de la crise. Surtout les services publics étaient affectés. Par exemple, cela signifiait qu’il n’y avait pas de poste, de ramassage des ordures, ou que les trains étaient en retard et les métros bondés. Les hôpitaux ou les crèches étaient en grève, eux aussi.

A cause des perturbations dans le transport public, ma fac avait déjà décalé à la semaine suivante, à titre préventif, tous les partiels qui étaient prévus pour le jeudi. Heureusement ca ne me concernait pas, comme j’avais passé mon dernier partiel le mercredi précédent. Le jeudi, je ne remarquais pas vraiment la grève au début parce que je ne suis pas vraiment allé dans la ville (« à Paris » comme on dit à la Cité, NdlR) avant midi et que je ne prenais pas le RER, mais un vélib avec lequel je mettais le cap sur le centre commercial à Place d’Italie pour enfin profiter des soldes et pour me récompenser avec le shopping pour avoir bossé intensivement les semaines précédentes 😉 Tout cela convenait très bien, vu que les commerces n’étaient pas en grève, évidemment.

La première fois que j’ai remarqué la grève, c’était quand j’ai passé 10 minutes pour trouver une station Vélib’ libre à Saint Michel. Apparemment je n’étais pas la seule personne qui a eu l’idée de se rabattre sur le vélo. Mais ce n’était rien à côté de ce qui se passait à l’opéra Garnier. Là, j’étais vraiment en plein milieu: des centaines des manifestants, parmi eux des photographes, reporters et un escadron énorme de police, aussi les forces anti-émeute (CRS), qui étaient munies de bottes lourdes, de protecteurs de tibia, des vestes protectrices épaisses, des casques et même des matraques. Il s’y ajoute un bruit de fond énorme de sifflets à roulette et de mégaphones. Après un peu de temps, il y avait aussi des fusées éclairantes qui brûlaient. Mais heureusement ce n’étaient pas de voitures 😉 Tout cela restait restait assez pacifique et bon enfant. Quelques manifestants faisaient même une pause en regardant les offres chez Zara et Promod.

Malgré tout, le trafic restait cependant perturbé jusqu’à la nuit. Ma station RER à la Cité U était fermée parce que le RER B ne roulait qu’entre les deux stations Massy et Denfert-Rochereau. Donc j’ai du prendre d’abord le tram et puis trois différentes lignes de métro pour passer chez une copine ce soir-là. Pour rentrer chez moi j’ai simplement repris… un vélib. Heureusement que ça existe!

AG sur http://tubinga.de/blogs/blog5.php

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