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FRA: Les drôles d’oiseaux de Ludwig…

Certains, au début, n’en croyaient pas leurs yeux. « Des aigles !!? ». Non.. des buses de Harris, ou encore des faucons lanier, ou gerfaut ; en tout une quinzaine de rapaces a séjourné sur la Cité pendant plusieurs mois. Coincée entre le périphérique et le ventre de Paris, la Cité Universitaire, est un espace exceptionnel de verdure et de tranquillité. Les résidents le savent et en profitent au quotidien. Les corbeaux et autres pigeons, hélas, le savent aussi. Venant nicher dans les arbres ou se regrouper en colonies pouvant atteindre plusieurs centaines d’individus, les corbeaux sont un des pires ennemis de la Cité et de ses résidents. « En période de nidification, ils leur arrivent de piquer sur la tête des gens qui s’approchent » nous confie Ludwig, le maître fauconnier qui orchestre ce ballet aérien. « Il m’est arrivé, dans une maison de retraite d’avoir à faire à des personnes âgées qui n’osaient plus sortir. Les corbeaux avaient conquis les airs et ne toléraient personne sur leur territoire, ils piquaient sur les gens pour parfois les blesser au cuir chevelu ! ». Loin de ces scènes hitchcockiennes, la Cité a vu sa quiétude troublée par les corvidés durant les dernières années. Ne se comptant plus par dizaines mais par centaines, les oiseaux devenaient encombrants et commençaient à former une colonie sans cesse croissante. Fallait-il organiser une battue ? Détruire les nids ? Empoisonner les corbeaux ? L’intelligence remarquable de ces oiseaux rendait ces solutions illusoires. Voulait-on entendre des coups de feu ou apprendre que du poison avait été répandu sur nos pelouses ? Il en était hors de question. A ce phénomène naturel mais nuisible, seule pouvait répliquer une autre force de la nature. Certains d’entre vous ont eu l’occasion d’admirer ou de photographier ces magnifiques animaux. Nous venant d’Amérique (pour les plus gros spécimens) ou d’Europe, les buses ont pour but d’effrayer, de repousser les corbeaux hors de la Cité. « Les corbeaux attaquent mes oiseaux parfois, il faut donc faire attention. De plus, ils sont très intelligents et attachés à ce territoire… Natalie, ma collègue, et moi essayons parfois d’en tuer un. Alors ses congénères lancent un « cri de mort » qui les fait fuir durablement » nous confie Ludwig dans un français chantant, aux sonorités flamandes. Mais la plupart du temps, à la simple vue des oiseaux de proie, les corbeaux (et les pigeons par la même occasion) préfèrent s’éloigner. Ludwig, personnage discret, mais profondément sympathique et attachant, s’active ainsi depuis plusieurs mois à mener à bien une véritable bataille aérienne sur notre Cité pour le bien-être de tous les résidents. Sans que beaucoup le sachent, ses oiseaux de proie ont ainsi permis à la Cité de continuer d’être un espace « aérien » de quiétude absolue.

GLG

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« Ludwig et l’oiseau »

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l’équipe

On nous a dit parfois qu’il était un peu douloureux de voir ces oiseaux franchement impressionnants..attachés par une lanière de cuir; qu’ils ne choisissaient pas leur vie et que « l’Homme » continue d’asservir la « Bête ».

Certes. En tous cas, on a beaucoup de photos. Vu qu’elles ne seront pas imprimées, les voici:

img_2975Il faut savoir que les oiseaux de proie sont des êtres très sociables, qui font preuve d’une intelligence et d’une espérance de vie hors du commun. Leur vie avec leur « homme-oiseau » qu’est leur maître, « monde social étendu aux non-humains » (ie. http://www.cairn.info/revue-anthropologie-des-connaissances-2007-1-page-35.htm), est très harmonieuse -semble-t-il. Au-delà du « J’effraie tes pigeons, tu me nourris », les années partagées, la rencontre d’intelligences, ont fait que cette relation s’est sublimée au-delà des différences homme-animal.

Cette forme « d’entre-aide » (http://refractions.plusloin.org/IMG/pdf/20_Carrapatoethique.pdf) est remarquable.

L’auto-idenfication « à la Hemingway » est touchante.

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Up the road, in his shack, the old man was sleeping again. He was still sleeping on his face and the boy was sitting by him watching him. The old man was dreaming about the lions.

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