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ESP – Lenguas, hombres y culturas (FRA: Langues, hommes et cultures : réflexions sur le panorama linguistique de l’Amérique Hispanique)

Lenguas, hombres y culturas: Reflexiones sobre el panorama lingüístico de Hispanoamérica

 

por Angélika Simbaqueba

 

 

La vida de las montañas

está en la voz de sus pájaros.

La voz de los pueblos

son sus cantores:

un pueblo mudo

es un pueblo muerto.

 

Humberto Ak’abal,  poeta guatemalteco de la etnia Maya K’iche

 

 

 Imaginemos la historia de un dios furioso que decide castigar a los hombres por su soberbia, creando una terrible confusión lingüística que los obligaría a dispersarse por la tierra y abandonar el proyecto de querer llegar hasta el cielo. La leyenda de la Torre de Babel, al igual que el Popul Vuh, libro sagrado de los Mayas, y muchos otros relatos que intentan explicar la génesis de las lenguas, plantea el éxodo como condición esencial para la multiplicación de las razas y las culturas. Pareciera que para los dioses resulta contraproducente que los hombres hablen una sola lengua, por el contrario, las diferencias lingüísticas favorecerían el futuro de la humanidad. Las ciencias, por su parte, también han intentado explicar el origen y evolución del lenguaje articulado, las conclusiones parecen sin embargo ser las mismas que revela la mitología: las lenguas son depositarias de la historia de la humanidad y los hombres, creadores instintivos de signos, son “animales simbólicos” por naturaleza.

 

 Las lenguas, además de ser el instrumento esencial de comunicación entre los hombres, son verdaderos espejos de la ideología de los pueblos, espejos a veces empañados o rotos  por las circunstancias de las diferentes épocas. ¿Cuál es la situación actual de las lenguas de Hispanoamérica? ¿En qué medida esta situación lingüística revela la identidad y los procesos culturales de sus pueblos?

 

   La sede la Unesco de Paris es un escenario importante de reflexión sobre la situación de las lenguas en peligro de extinción. Este año, durante la clausura oficial del Año Internacional de las Lenguas y, en el marco de la celebración del día internacional de la lengua materna el pasado 21 de febrero, especialistas y representantes de varios países han manifestado su preocupación ante la vertiginosa desaparición de muchas lenguas autóctonas del planeta. Según los estudios presentados en la nueva edición del Atlas Unesco de las lenguas en peligro, 23 lenguas han desaparecido completamente del territorio hispanoamericano en los últimos 50 años. De las 600 lenguas amerindias existentes aun en la actualidad, aproximadamente 448 estarían en situación de alta vulnerabilidad. De ellas 144 en México, 64 en Colombia y 57 en Perú.

 

     Las lenguas amerindias, únicas estructuras de los sistemas culturales prehispánicos que han sobrevivido hasta nuestros días, corren el riesgo de desaparecer por diversas causas. Según, Jesús García Ruiz, director de investigaciones del Centro Nacional de Investigación Científica de Francia (CNRS), el fenómeno de la globalización fragmenta la identidad de los pueblos. Las lenguas indígenas sufrirían un cierto desprestigio ante las “lenguas dominantes”, lo que llevaría a sus hablantes a abandonar poco a poco su lengua materna, desvalorizando así su cultura y visión del mundo.

     Al perder su lengua materna, los individuos no sólo pierden su forma esencial de comunicación, sino su identidad y la posibilidad de acceder a los conocimientos propios de su cultura. Las implicaciones de esta realidad en el plano educativo son alarmantes, al no utilizar las lenguas autóctonas en las escuelas, se condena a los niños al analfabetismo.

     Ante esta problemática, la Unesco, El Grupo de Países No Alineados, y otras organizaciones como la Fundación Chirac y su programa Sororo, para que vivan las lenguas del mundo, fomentan la protección de las lenguas amerindias como parte del patrimonio inmaterial de la humanidad y la creación de políticas que reivindiquen la igualdad de las lenguas y el derecho de todos los hombres a recibir educación en su lengua materna. Sólo a través de la educación sería posible la creación de puentes interculturales que permitan el reconocimiento del pluralismo lingüístico.

 

    Sin embargo, al ser fenómenos tan complejos, las lenguas no pueden reducirse al antagonismo clásico entre “dominadas” y “dominantes”. Una lengua no es un objeto inerte, es una entidad tan viva como sus hablantes, un caleidoscopio que permite a los hombres crear y recrear el mundo. Así las cosas, gracias a la capacidad lingüística, el hombre parecería estar más cerca de los creadores que de las creaturas.

Aborigen Revista Alba

Langues, hommes et cultures : réflexions sur le panorama linguistique de l’Amérique Hispanique

 

La vie des montagnes

est dans la voix de ses oiseaux

La voix des peuples

ce sont leurs chanteurs :

un peuple muet

est un peuple mort

 

Humberto Ak’abal, poète guatémaltèque de l’ethnie Maya K’iche

 

     Imaginons l’histoire d’un dieu furieux qui décide de punir les hommes par son orgueil, en créant une terrible confusion linguistique qui les obligerait à se disperser sur la terre et à abandonner le projet de vouloir arriver au ciel. La légende de la Tour de Babel, ainsi que le Popul Vuh, livre sacré des Mayas, et beaucoup d’autres récits qui essaient d’expliquer la genèse des langues, présente l’exode comme condition essentielle à la multiplication des races et des cultures. Il semblerait que pour les dieux il n’est pas très convenable que les hommes parlent la même langue et que, au contraire, les différences linguistiques favoriseraient l’avenir de l’humanité. Pour sa part, la science a aussi essayé d’expliquer l’origine et l’évolution du langage articulé. Les conclusions sembleraient cependant être les mêmes que celles révélées par la mythologie : les langues sont dépositaires de l’histoire de l’humanité et les hommes, créateurs instinctifs de signes, sont des « animaux symboliques » par nature.

     Instrument essentiel de communication entre les hommes, les langues sont de surcroît de vrais miroirs de l’idéologie des peuples, même si ces miroirs sont parfois embués ou cassés par diverses circonstances d’époque. Quelle est la situation actuelle des langues de l’Amérique hispanique ? Dans quelle mesure cette situation linguistique révèle-t-elle l’identité et les processus culturels de ses peuples?

     Le siège de l’Unesco à Paris est une scène importante pour la réflexion sur la situation des langues en danger de disparition. Cette année, lors de la clôture officielle de l’Année Internationale des Langues et dans le cadre de la célébration de la journée internationale de la langue maternelle le 21 février dernier, des spécialistes et des représentants de plusieurs pays ont manifesté leur préoccupation face à la disparition vertigineuse de beaucoup de langues autochtones de la planète. Selon les études présentées dans la nouvelle édition de l’Atlas Unesco des langues en danger, 23 langues ont complètement disparu du territoire hispano-américain dans les cinquante dernières années. Des 600 langues amérindiennes actuellement existantes, près de 448 seraient dans une situation de haute vulnérabilité, parmi lesquelles 144 au Mexique, 64 en Colombie et 57 au Pérou.

     Les langues amérindiennes, les seules structures de systèmes culturels préhispaniques ayant survécu jusqu’à nos jours, courent le risque de disparaître pour des causes diverses. D’après Jesús García Ruiz, directeur de recherches du Centre National de Recherche Scientifique   (CNRS), le phénomène de la globalisation fragmente l’identité des peuples. Les langues indigènes subiraient une certaine perte de prestige face aux « langues dominantes », ce qui pourrait amener les locuteurs à abandonner progressivement leur langue maternelle, en dévalorisant ainsi leur culture et leur vision du monde

     En perdant sa langue maternelle, un individu ne perd pas seulement sa forme essentielle de communication mais aussi son identité et la possibilité d’accéder aux savoirs et connaissances de sa culture. Les implications de cette réalité sur le plan éducatif sont alarmantes. Ne pas utiliser les langues autochtones dans les écoles, c’est condamner les enfants à l’analphabétisme. Face à cette problématique, l’Unesco, Le Mouvement des Pays Non alignés, et d’autres organisations comme la Fondation Chirac et son programme Sororo, pour que vivent les langues du monde, promeuvent la protection des langues amérindiennes en tant que patrimoine immatériel de l’humanité et la création de politiques qui revendiquent l’égalité des langues et le droit de tous les hommes à recevoir une éducation dans leur langue maternelle. A travers la seule éducation il serait ainsi possible de créer de ponts interculturels permettant la reconnaissance du pluralisme linguistique. 

  Cependant, en tant que phénomènes hypercomplexes, les langues ne peuvent pas être réduites à l’antagonisme classique entre « dominées » et « dominantes ». Une langue n’est pas un objet inerte. Elle est une entité aussi vivante que ses locuteurs. Un kaléidoscope qui permet aux hommes de créer et de récréer le monde. Grâce à la capacité linguistique, l’homme semblerait donc être plus près des créateurs que des créatures.

Angélika Simbaqueba

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FRA: En mémoire de mes années d’études à la Cité

Si quelqu’un me demande, que représente la Cité Universitaire pour toi ? « Je réponds immédiatement « La vie multiculturelle » ».

Comprenez-le comme vous voulez: c’est le mélange. Autrement dit, la synthèse de différentes cultures dans une charmante ambiance internationale. Autre expression centrale : l’échange « culturel ».

J’ai vécu pendant trois ans cette vie multiculturelle à la Cité au cours de mes études à Paris. Pour tout dire, la Cité signifie l’ouverture d’esprit vers les cultures et les langues étrangères. Cela signifie évidemment le respect de l’un envers l’autre.

C’était des moments formidables de ma vie. J’en ai des beaux souvenirs qui se fondent sur l’amitié naturelle et sincère.

Les années ont passé mais, aujourd’hui encore, quand je communique avec les étrangers dans les milieux internationaux, je me sens bien et à mon aise. J’ai acquis cette disposition sociale, tant acquise que naturelle, grâce à mon intégration dans la vie multiculturelle de la Cité. La Cité m’a offert cette mobilité sociale conformément à son ambiance internationale et son esprit.

Elle m’a permis de trouver un horizon inoubliable pour la vie multiculturelle. C’était une expérience formidable de vie commune avec l’aspiration des cultures mélangées autour de la tolérance et du respect.

La Cité abritait des étudiants étrangers qui viennent de tous les coins du monde: environ 5500 étudiants et chercheurs venant de plus de 120 pays présentant différentes couleurs du monde! Ils y apportent leur culture nationale et ils prennent une autre par la voie d’une langue commune dans ce milieu international: le français…D’ailleurs, ils apprennent les langues d’autres nations aussi. Ils « combinent », créant un mode de vie unique. C’est fantastique !!!

D’après moi, la Cité était un carrefour culturel où les étudiants se croisent pour un moment de leurs études. Ils échangent leurs cultures par les langues universelles de l’humanité comme l’art, la science, le théâtre, le cinéma, le sport, la musique, la danse, l’exposition, les lettres….

Imaginez-vous, pour la première fois de ma vie, j’ai connu des étudiants étrangers qui venaient de Madagascar, de Taiwan, de Chine, de Colombie, du Venezuela, de Mexique, du Chili, du Gabon, du Sénégal, du Cameroun, du Turkménistan, de Géorgie, de Malaysie, d’Algérie, du Liban…

Pour la première fois, j’ai fait connaissance avec la culture africaine et chaleur des africains. Avant d’arriver à la Cité, je ne connaissais pas les caractéristiques de ceux-ci. J’étais très impressionnée par ces artistes qui reflètent si bien la profondeur de leur culture.

J’ai également découvert la riche civilisation asiatique. C’était mon premier contact humain et culturel avec des asiatiques (!). En cette circonstance, j’ai trouvé l’occasion de connaître les gens calmes d’Asie. Les gens qui ne connaissent pas de dispute, parlent toujours calmement !

En outre, j’ai remarqué l’esprit d’Amérique latine et ces gens communicatifs et vivants. Leurs musiques dynamiques, leur culture animée et leur attachement au football… J’y ai aussi compris à quel point les latins, d’Amérique et du pourtour méditerranéen se ressemblent.

Autrefois, je connaissais bien certaines cultures mais je ne savais pas les affinités entre elles. Je les y ai apprises. Comment ? Par exemple, les étudiants qui viennent d’Europe. Les allemands disciplinés, ponctuels, derrière leur apparence froide et distante, ce sont en fait de gens touchants et sentimentaux.

La gentillesse française, les italiens joyeux, les espagnoles amusantes, la discrétion des pays scandinaves. Je me souviens les différents rythmes des cultures variées qui me frappent quand je passe devant les « Maisons ».

Une chanson chinoise, un motif thaïlandais, un artiste japonais, un film indien raconte le mystère d’Asie comme un conte asiatique….

L’odeur délicieuse de pâtes italiennes, de la sangria espagnole, des saumons norvégiens, des fâmeuses tartes françaises et ces spécialités de la cuisine asiatique qui montent encore à mon nez.

Le rythme doux de la musique brésilienne, la musique passionnée du tango argentin, les variétés classiques russes, la mélodie jazz triste des Américains et la voix sentimentale et pleine de chaleur des chansons arabes reviennent à mon oreille.

Je me souviens de beaucoup d’anecdotes, souvenirs, amitiés, symboles.

La bibliothèque, le Resto U, le Théâtre, la Cafétéria, l’Alliance, la Piscine, la Fête des Nations, les activités sportives, les soirées culturelles, les conférences, les concerts, la grande pelouse, les fêtes, les pique-niques, le barbecue, les voyages, les gens sympathiques et souriants de la Cité me rappellent à cet adage : « partager tout sans attendre quoique ce soit » …

Trois ans de ma vie s’écoulèrent de la sorte…Comme le temps passe vite !!!

Un jour…le chemin de ces étudiants s’est croisé à la Cité ; avec le temps, leur chemin s’est de nouveau séparé. Ils se sont quittés et ils sont retournés dans leur pays d’origine et ils ont accédé à leur propre chemin de vie.

Qu’en est-il resté ? Leurs mémoires sont restées à la Cité derrière eux.Une nouvelle année vient encore. Le jour de l’an me rappelle la Cité. La nouvelle année me rappelle du vin chaud traditionnel de la Cité Universitaire qui nous a été offert à la Maison Internationale.

Je remercie beaucoup la Cité Universitaire pour tout ce qu’elle m’a donné. Je la remercie vivement pour la vie multiculturelle que j’y ai apprise et dont j’ai profité au cours de ma vie.

Sükun Sariçiçekmailgooglecom

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FRA: Colloque : « Vers une nouvelle francophonie en Europe ? » 1er décembre 2008

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Le colloque, organisé par le Cercle Richelieu Senghor de Paris, traitait principalement de l’état actuel de l’espace francophone européen et de l’apparition d’un nouvel intérêt pour la francophonie qu’on ne peut pas toujours expliquer par les raisons traditionnelles. Pour une étudiante de Serbie, un des pays observateurs à l’Organisation internationale de la Francophonie, c’était l’occasion d’entendre sur place comment cette nouvelle francophonie est envisagée, et de la rapporter dans CB. Après l’ouverture et la conférence introductive prononcée par Mme Julia Kristeva, le colloque était réparti en quatre séances, abordant respectivement l’enjeu de la démarche vers la francophonie de différents pays européens, l’expérience de jeunes professionnels dont le parcours s’inscrit dans cet espace francophone, les questions sur l’emploi du français aujourd’hui, et l’avenir à envisager à partir de la nouvelle situation. Une diversité de propos s’organisait ainsi autour de quelques sujets essentiels. Il n’est pas facile d’en rendre compte par écrit, mais le colloque était très bien pensé et conçu de manière à susciter vraiment l’intérêt du public. Était-ce à cause de cette conception, ou du choix des participants, ou pour une troisième raison, il reste qu’on a pu observer quelque chose qui n’arrive pas toujours : les propos sur la francophonie présentaient une gamme d’informations utiles et de réflexions sérieuses, pourtant ils étaient souvent aussi des déclarations individuelles, marquées par l’expérience professionnelle et personnelle des intervenants. Et même si les interventions restaient bien réfléchies, c’était cet élément subjectif qui les rendait plus intéressantes et faisait comprendre qu’il ne s’agissait point d’un échange formel, mais d’une communication vivante qui tenait à coeur à tout le monde. C’était, en somme, un colloque intéressant et enrichissant. Il était clair que beaucoup de questions restaient ouvertes au sein de la communauté francophone, mais on sortait du public avec un plaisir incontestable d’y appartenir.

Nadja Djuric

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CHI: 中国人是腼腆的吗? (FRA: Les chinois sont-ils timides?)

中国人是腼腆的吗?

La Chine est un des pays qui se développe le plus rapidement au monde. On s’émerveille souvent sur le miracle économique chinois, l’ouverture de ce pays au monde mais, souvent, de vieilles croyances subsistent : les chinois seraient timides. Est-ce vrai ? L’auteur de cet article donne son point de vue.

Illustration: une fillette rit joyeusement.  « Si tu comprends mon sourire, alors je suis heureuse. »

一次,一位住在CITE U的法国朋友对我说,我觉得你们中国人很腼腆 (timide),矜持 (reservé),性格内向 (renfermé),我问他你有什么证据吗?他说,在他住的那幢楼里,住着不少中国学生,但他们从来不参加楼里的晚会,平时见面也很少打招呼,所以给他留下了这样的印象,而且这不仅仅是他一个人的看法。虽然这并不是什么批评,但多多少少存在着一些误解。

首 先,这并不仅仅针对我们,在法国的中国人,日本人,越南人及其他国家的人都有这样的处境:独在异乡为异客。更何况语言不通,文化上又有代沟,所以给别人不 合群,欠活跃,为人低调,处事谨慎的感觉也就是自然的。在很多情况下,语言的障碍是主要原因,法语语法复杂,用法丰富,很多中国学生都有这样的经历:课堂 上的法语比较正式,在实际生活中起的作用不大,与法国人交谈容易,但要介入别人的谈话就困难了。原因在于法语丰富的口语表达往往让人晕头转向。如果反过来 想想,在中国的法国人不是也面临着这样的一种处境吗?如果周围的人都是黑眼睛,黄皮肤,那一种疏远感也会悄然而至吧。

况且对于有着5000年文化历史沉积的泱泱大国,中华文化传统,崇尚礼仪,推崇礼治,讲究中庸之道,即适度把握,按照适中方式做事,并力求保持在一个合情合理的范围之内。试想一下,在一个陌生的环境,如果不明白对方的身份和意图,而盲目的采取行动未免有些太过轻率了,行为不当有违礼仪,行为过激未免唐突,因此保持谨慎是比较合适的,由此也会造成一定的误解。

应该说这种看法还是停留在开放前的中国,当今的中国表现出来的是基于传统美德与文化基础上的自信,活泼与开放。当然,我们需理解这样的误解,毕竟中国的改革开放才进行了30年,世界了解中国还需要时间。我想起我曾经寄宿于一位老妇人家中,她跟我说起过15年 前第一个住在她那儿的中国学生,之前竟然从未见过西方的餐具,晚饭时望着眼前的刀叉不知所措,无所适从。现在这种情形是不多见了,中国的开放有目共睹,大 量西方的文化被引进,在城市中,最普遍的餐厅是肯德基和麦当劳,而随处可见的名牌也不会让人觉得在巴黎购物和上海会有什么不同。80年代出生的学子如果说还带着一点点矜持的话,那90后的开放程度已经让人有些吃惊了。繁华的商业,娱乐中心和随处可见的卡拉OK、酒吧已构成了人们夜生活的一个重要部分。因此,即使在巴黎,当有什么晚会举行,学子们也会毫不犹豫的参加而不会有顾及,甚至绝大多数女生都会乐意与陌生男子跳舞,但会在对方提出过分要求之前,回答到,在中国我们没有这样的习惯。

毋须我提醒,即使在有很多负面报道的情况下,08年的北京奥运会成功举办了。中国人向世界展示了一个自信的大国风采,如果这是一个有着腼腆人民的国家所表现出的,那这种腼腆的方式也是有着他巨大的魅力和感染力,以及藏其深处的深厚的文化底蕴和健康向上的活力!

中国人不也像以前生活在闭塞的世界中了,我们已经冲了出去,我们放眼世界,有想法,又有作为。

当然,我更倾向于这种说法是一种善意的提醒,提醒我们中极小的一部分人,如果你们还为如何融入而烦恼,如果还没有向身边的外国朋友伸出你们的友谊之手,那么不如像住在MIAA楼的两位女生那样,做上美味的中国菜,请身边的外国朋友品尝吧,毕竟没有人能够抵挡住它的诱惑。

陈淼 Chen Miao

Les chinois sont-ils timides?

Un jour, un de mes amis qui habite la Cité Universitaire m’a dit « je pense que les chinois sont timides, réservés et renfermés. » Je lui ai demandé s’il avait des preuves. Il m’a répondu que, même si beaucoup de chinois habitent dans la même maison que lui, il était rare de les voir participer aux soirées organisées. Même quand on les rencontre dans les couloirs, ils ne saluent personne. Mon ami n’est pas le seul à penser cela… Bien que cela ne soit pas une critique, il existe quelques malentendus.

D’abord – et nous ne sommes pas les seuls à ressentir cela, beaucoup d’étrangers en France, ont la même impression – on se sent solitaires quand on s’éloigne de son pays natal. Nous ne sommes pas familiers avec la culture française et nous rencontrons des problèmes de langue, du coup, les français ont le sentiment que les chinois sont tout le temps sur leurs gardes et restent trop prudents.

Dans la majorité des cas, l’obstacle de la langue est le principal problème. Le français ayant une grammaire très compliquée et un vocabulaire très riche, beaucoup d’étudiants chinois ont l’expérience suivante : ce qu’on apprend en classe est très académique et cela n’aide pas beaucoup dans la vie pratique. Il est facile de communiquer avec des français, mais c’est difficile d’intervenir dans une conversation entre français. Les français n’ont-ils pas un sentiment similaire, quand ils sont entourés par des personnes aux yeux noirs et à la peau jaune ?

D’ailleurs, la Chine est un pays avec une histoire de 5000 années, et la culture chinoise respecte des rites et accorde de l’importance à gouverner notre pays de façon morale. Avant tout, nous adoptons toujours une position de juste milieu (c’est-à-dire que nous prenons des actions appropriées et réagissons aux choses avec une ampleur décente). Dans le cas où nous nous retrouvons dans un cadre inconnu et que nous ne connaissons pas l’identité et le but des autres personnes, il est inutile de prendre quelconque initiative. Des actions impropres, malvenues, provoquent l’infraction de rites, alors que des actions excessives en offensent d’autres. En conséquence, être « réservé », « prudent » est convenable pour nous, mais peut parfois entraîner des malentendus.

C’est la fermeture historique de la Chine qui pourrait expliquer ces a priori. Néanmoins, la Chine de nos jours manifeste de la confiance, de la vigueur et de l’ouverture sur la base de la morale et de la culture traditionnelle. Mais il faut comprendre ce malentendu, car la Révolution et l’ouverture de la chine ont commencé il y a seulement 30 ans et il faut laisser plus de temps au monde pour connaître la Chine, et vice-et-versa. J’habitais chez une vieille dame, elle m’a un jour raconté l’histoire du premier chinois qui avait habité chez elle, il y a 15 ans. Il n’avait jamais connu de couverts occidentaux. Une fois assis devant la table, il s’était trouvé dans un embarras extrême en regardant le couteau et la fourchette. Aujourd’hui, on ne peut plus imaginer une pareille chose arriver. L’ouverture et le développement de la Chine sont évidents aujourd’hui, notamment parce que de nombreuses cultures occidentales s’y sont introduites. Dans les villes, on s’habitue aux restaurants « Mcdonalds » et « KFC » partout et on ne sent pas la différence en faisant ses courses à Paris ou à Shanghai. Alors que les personnes nées après les années 1980 restent un peu timides, on s’étonne de voir l’ouverture de la génération née dans les années 1990. Le commerce florissant, tous les divertissements, les karaoké et les boites de nuit constituent maintenant une part indispensable de la vie nocturne. Du coup, quand des soirées ont lieu à Paris, les étudiants y participent sans hésitation, la plupart des filles acceptent même des invitations à danser. Mais elles refusent des demandes excessives en disant qu’on n’a pas l’habitude de faire ça en Chine.

En dépit des reportages négatifs contre les Jeux Olympiques, la Chine a réussi à organiser les JO en 2008. Les chinois peuvent faire preuve de grandeur d’âme et de largesse d’esprit. Si cela venait d’un pays où habitent des « timides », alors cette timidité serait associée à un charme certain et à une sacrée séduction, basés sur une culture profonde, vigoureuse, saine et puissante !

Les chinois ne sont plus fermés au monde. Nous sommes sortis et nous regardons dans tous les coins de planète, nous possédons des idées innovantes et des ambitions nobles.

Je voudrais conclure avec un conseil pour notre « minorité ». Si vous vous inquiétez de savoir comment engager le contact avec les autres, et si vous n’avez pas encore tendu vos mains amicales à vos amis étrangers à proximité, pourquoi ne pas faire la cuisine typique chinoise pour inviter vos amis à y goûter, comme les deux chinoises le font à la MIAA. Je pense que nul ne pourrait résister à la séduction de votre plat délicieux!

Chen Miao

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ESP: El México de Carlos Fuentes (FRA: Le Mexique de Carlos Fuentes)

 

 

Aún cuando el escritor mexicano Carlos Fuentes haya sido criticado varias veces por sus virulentas opiniones políticas, su voz es la de un México consciente del peso de su viva historia, de sus fuertes tradiciones y de sus identidades multiculturales, modernas y antiguas. Nacido en 1928, Fuentes fue hijo de diplomáticos, hecho importante que dio la oportunidad de expandir su visión a través de sus estancias durante la infancia en Quito, Montevideo, Rio de Janeiro, Washington, Santiago du Chili et Buenos Aires.

Su carrera literaria comienza desde temprano con la publicación de algunos de sus trabajos. Sin embargo, es en 1954, el año de publicación de su primera novela La región más transparente, que la carrera de Fuentes y su camino literario toman una forma precisa. La descripción de la sociedad mexicana del punto de vista histórico y crítico continúa con Cantar de ciegos, Cambio de piel, Terra Nostra, La cabeza de la hidra y también Gringo viejo, que fue adaptada para el cine, y lanzó a Fuentes a la fama internacional.

Con Terra Nostra, Fuentes obtiene en 1977 la más alta distinción literaria de Latinoamérica : el premio Rómulo Gallegos. Diez años después, su trabajo completo recibe el premio Cervantes, el cual quiso compartir con México,  » patria de mi sangre pero también de mi imaginación, a menudo conflictiva, pero siempre apasionada con la tierra de mis padres. »

Fuentes es también un defensor feroz de la multiculturalidad del continente y de la importancia de la lengua y la cultura compartida a lo largo de la América hispánica, heredera desde hace siglos de la visión de otros continentes. « La cultura literaria de mi país es incomprensible fuera del universo lingüístico que nos une a peruanos y venezolanos, argentinos y puertorriqueños, españoles y mexicanos (…)el terreno común de nuestros encuentros y desencuentros (…)es la lengua -el instrumento (según Yeats…), de nuestro debate con los demás, que es retórica, pero también del debate con nosotros mismos, que es poesía. »

La obra de Fuentes explora y toca la pesada capa de la decepción que pesa sobre América Latina en cuanto a su historia, su héroes y sus esperanzas a través de la vida de personajes simples y a la vez universales. Muchos de sus lectores y críticos ven la prosa del escritor llena de desengaños, pero a la vez edificante y de gran riqueza. Al final, cada individuo puede mirarse en el espejo construido por este brillante autor y verse muy de cerca en la vida de los latinoamericanos, en sus alegrías y miserias; y al mismo tiempo, en su preciado patrimonio literario, que son de acuerdo con Fuentes, el idioma y la imaginación.

Laura Vidal

 


FR:

Le Mexique de Carlos Fuentes

Même si Carlos Fuentes est souvent critiqué par certains lecteurs à cause de ses  opinions politiques virulentes, sa voix est celle d’un Mexique conscient du poids de son histoire toujours vivante, faite de fortes traditions et d’identités multiculturelles, à la fois anciennes et modernes. Né en 1928, Fuentes fut l’enfant de diplomates, ce qui lui a donné l’opportunité d’élargir sa vision à travers divers séjours à Quito, Montevideo, Rio de Janeiro, Washington, Santiago du Chili et Buenos Aires pendant son enfance.

Sa carrière littéraire commence très tôt avec la publication des quelques nouvelles, mais c’est en 1954, l’année de publication de son premier roman, La Plus Limpide Région que la carrière et la vision de Fuentes et son parcours littéraire s’affirment. La description de la société mexicaine traitée du point de vue historique et critique continue ainsi avec Le Chant des aveugles, Peau neuve, Terra Nostra, La Tête de l’hydre ainsi que Le Vieux Gringo, roman adapté au cinéma qui rend Fuentes célèbre mondialement.

Avec Terra Nostra Fuentes obtient en 1977 la plus haute distinction littéraire en Amérique latine : le prix Romulo Gallegos. Dix ans après, le prix Cervantes lui est décerné pour l’ensemble de son travail, prix qu’il disait, voulait partager avec le Mexique « la patrie de mon sang, mais aussi de mon imagination, souvent conflictuelle, mais toujours passionnée de la terre de mes parents. »

Fuentes est aussi un avocat féroce de la multiculturalisme du continent, et de l’importance de la langue et la culture partagée au long de l’Amérique hispanique, héritière depuis des siècles de la vision des autres continents. « La culture littéraire de mon pays est incompréhensible en dehors l’univers linguistique qui nous relie tous, péruviens, vénézuéliens, argentins, portoricains, espagnols et mexicains (…). Le terrain commun de nos accords et désaccords c’est la langue : l’instrument, selon Yeats de notre débat avec les autres : la rhétorique, et avec nous mêmes : la poésie.»

L’œuvre de Fuentes explore et touche la lourde déception propre à l’Amérique Latine au fil de son histoire, de ses héros et de ses espérances, à travers la vie de personnages simples et universels à la fois. Parmi ses lecteurs et critiques, la prose de Fuentes est perçue tantôt comme pesante, tantôt riche et édifiante.

Finalement, chaque individu peut se regarder dans le miroir tissé par cet écrivain brillant et se reconnaître dans la vie des latino-américains, avec leurs joies et leurs misères; tout en reconnaissant son plus précieux patrimoine littéraire -selon Fuentes lui-même- : « la langue et l’imagination. »

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