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L’interview de Sylviane Tarsot-Gillery, Déléguée Générale de la CIUP

tarsotgillery

Sylviane Tarsot-Gillery, Déléguée Générale (DG) de la CIUP, a bien voulu accorder une interview à votre journal. Nous avons pu évoquer son parcours personnel, son rôle de DG, les évolutions de la Cité ainsi que les valeurs auxquelles elle est attachée. CB prend de la hauteur et vous rapporte ici cette conversation très enrichissante.


CB : Madame la DG, pouvez-vous nous expliquer quel est votre parcours personnel ? Pouvez-vous nous préciser ce qui vous attiré vers la Cité Internationale ?

A la sortie de l’ENA, j’ai commencé ma carrière comme magistrat à la Cour des Comptes. J’ai ensuite passé l’essentiel de ma carrière au ministère de la Culture ; je possède donc la double casquette de gestionnaire et d’administrateur de la culture.

Je connaissais la Cité pour l’avoir fréquentée lorsque j’étais étudiante. Je l’ai redécouverte il y a une quinzaine d’années, quand j’ai été amenée à travailler sur le Théâtre de la Cité. La vision à la fois utopiste et humaniste dont la Cité est issue m’a convaincue de prendre le poste de DG lorsque celui-ci s’est libéré. Œuvrer au bon fonctionnement de cet ouvrage formidable (bien que privé, il possède une vraie mission d’utilité publique) est en effet professionnellement très gratifiant.

CB : Quels sont vos interlocuteurs réguliers ?

Tout d’abord, il faut savoir que la Fondation Nationale (FN) échappe à toute tutelle directe. Avant même les organes centraux, c’est avant tout avec les collectivités locales, comme la Ville de Paris ou la région Ile-de-France que nous coopérons le plus: la Cité, par sa superficie et sa population est en effet un élément constitutif de Paris et de sa région. Présents à notre Conseil d’Administration, les ministères de l’Enseignement Supérieur, des Affaires Etrangères et de la Culture sont également des interlocuteurs incontournables. Depuis qu’il existe, nous avons eu l’occasion d’interagir également avec le ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire, surtout pour plaider des cas d’étudiants brillants qui n’arrivaient pas à obtenir de visas. Depuis le printemps 2007, nous avons également un nouvel interlocuteur de choix : l’Elysée. En effet, de par son rôle de « laboratoire » de l’Enseignement supérieur, « d’observatoire » de l’intégration des élites étrangères et par l’image d’ouverture internationale qu’elle procure, la Cité Internationale est souvent en contact avec la Présidence de la République (un ancien de la MEASE y occupe actuellement la fonction de conseiller pour la presse). C’est enfin avec les ambassadeurs des pays concernés que nous avons les contacts les plus suivis, en ce qui concerne les maisons « nationales ».

CB : Quelles sont vos attributions en tant que DG ?

La fonction que j’occupe est comparable à celle de chef d’orchestre. En effet, mon rôle consiste non seulement à gérer les services de la FN (administratifs, sportifs etc.) et 18 maisons dont j’ai la responsabilité, mais je dois également veiller à la coordination et à l’animation de l’ensemble du site.

Certaines maisons étant non directement rattachées à la FN, ma mission est de faire travailler tout le monde dans le même sens, dans l’intérêt de tous les résidents. Basée sur le dialogue, l’écoute et le partage des expériences, ma tâche est donc de moderniser la Cité afin qu’elle réponde aux attentes des étudiants et des chercheurs d’aujourd’hui et qu’elle demeure le lieu d’échange unique au monde qu’elle a toujours été.

CB : Comment travaillez-vous avec les associations de la Cité ?

Il y a trois associations à la Cité Internationale : Alliance Internationale (AI), AIRCUP et PariCité. AI joue un rôle fondamental auprès des anciens et des amis de la CIUP, elle permet la poursuite des expériences de la Cité « en dehors et après la Cité » et assure, par le réseau des anciens, une véritable implantation internationale de la CIUP. PariCité, pôle issu d’AIRCUP, s’est quant à elle positionnée très vite dans l’optique du développement durable sur la Cité, ce qui correspond totalement aux engagements de la CIUP.

Je suis ravie d’accueillir votre projet de journal Cité Babel : je suis bien sûr attentive aux initiatives des différentes associations et je souhaite qu’elles répondent aux besoins des résidents et qu’elles puissent mettre la Cité en valeur. Cité Babel semble répondre à ces attentes. Je salue donc votre initiative et vous souhaite de parvenir à pérenniser ce journal qui –je l’espère- deviendra bientôt un lien interculturel indispensable entre les résidents. Mes relations avec Aircup ont pu être assez sporadiques par le passé, mais votre association a su montrer, notamment à travers l’organisation de la fête de la Cité, qu’elle sait fédérer tous les résidents. Sachez que vous pouvez compter sur moi pour vous aider dans cette mission de transmission de valeurs universelles et multi-culturelles.

CB : En quelques mots, à quelles valeurs êtes-vous particulièrement attachée pour le développement futur de la Cité ?

Développement durable, culture, ouverture et solidarité.

CB : Développement durable ? Quel niveau d’exigence environnementale avez-vous ?

Oui, la FN s’est engagée à respecter les « objectifs 2020 » : en 2020, moins 20% d’émission de gaz à effet de serre et 20% d’énergies renouvelables dans sa consommation énergétique. Bien que ces objectifs semblent durs à réaliser, nous commençons par exemple à équiper la MINA et la Fondation Abreu de Grancher avec des panneaux solaires.

CB : Enfin, Madame la DG, pourriez-vous nous confier quel est votre meilleur, et votre pire souvenir depuis que vous êtes en fonction ?

En fait, mon meilleur est peut-être également mon pire souvenir… En novembre 2007, 18h00, la sous-station de chauffage de la résidence « Quais de la Loire » explose, laissant ses 170 résidents sans chauffage et sans électricité. Pour gérer cette crise, il nous a fallu ouvrir en toute urgence la Fondation Avicenne (fermée depuis août). Toute l’équipe de la FN s’est alors mobilisée, la juriste aidait à refaire les lits, le chauffage a été remis en route d’urgence, le restaurant a retardé sa fermeture. Malgré le traumatisme de l’incident, les résidents ont pu tous être relogés pour 20h00. Cette expérience, très éprouvante, me laisse quand même un souvenir d’entraide exceptionnel, humainement très fort.

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