Archives de Tag: culture

LAÏCITÉ : RELIGION ET ESPACE PUBLIC

Lorsque l’on arrive à la Cité Internationale Universitaire de Paris on trouve juste devant la Maison Internationale un grand cercle où sont inscrits certains de ses principes fondateurs. Dans cet article nous voulons attirer l’attention sur l’un d’eux, à savoir la laïcité. « Conçue dès sa fondation comme un espace laïque, la Cité Internationale ne dispose d’aucun lieu de culte » dit clairement le message que nous évoquons. C’est sans aucun doute un très nette et très beau message de bienvenue de la conception française de la laïcité à tous les visiteurs et les nouveaux arrivants : on accède à un espace laïque, vide donc de toute manifestation religieuse. Car, historiquement, au-delà de la séparation de l’Église et de l’État et de la liberté de cultes, c’est l’effacement de toute trace de la religion dans l’espace public l’implication la plus importante de la laïcité dans la tradition française. Lire la suite

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ESP – LACIDAD: RELIGIÓN Y ESPACIO PÚBLICO

En la entrada de la Ciudad Internacional Universitaria de Paris, justo frente a la Maison Internationale, se encuentra un gran círculo donde están inscritos algunos de los principios fundadores de la institución. En este artículo queremos llamar la atención sobre uno de ellos: la laicidad. “Concebida desde su fundación como un espacio laico –dice en francés el mensaje que evocamos– la Ciudad Internacional no dispone de ningún lugar de culto”. Sin duda se trata de un magnífico y directo mensaje de bienvenida de la concepción francesa de la laicidad para todos los visitantes y residentes recién llegados. Es la entrada de un “espacio laico”, vacío por tanto de toda forma de manifestación religiosa. Y es que en efecto, la desaparición de la religión del espacio público constituye acaso la más importante de las implicaciones de la laicidad, al menos en su versión francesa. Lire la suite

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INDÉPENDANCE, RÉVOLUTION ET RELIGION

L’année 2010 sera une année de commémorations dans plusieurs pays de l’Amérique hispanique. En effet, aussi bien l’Argentine que le Mexique ou la Colombie vont célébrer le bicentenaire du début de leurs guerres d’indépendance. Un fait doublement fondateur des État nationaux hispano-américains, car il touche à la fois la construction de ceux-ci à partir de la dissolution de l’ancien Empire hispanique et l’arrivée de toute la région à la modernité politique. Lire la suite

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ESP – Los viejos « grupis » de Elliott Murphy

Nunca había escuchado hablar de él. Cuando lo vi caminando entre la gente en el auditorio del Collège Franco-Britannique ese domingo en la tarde, con su sombrero moteado de piel de guepardo, si los guepardos fueran blancos, y su pelo blanco y liso que le caía a los dos lados de la cara, y su chaleco, y su pinta de mago, si los magos dejaran de utilizar su copa negra y alta y ridícula, pensé que era uno de esos personajes de la Cité que todos hemos visto alguna vez y que muchos vemos casi todos los días, como fantasmas en los lugares que, tal vez y sólo tal vez, habitaron antes y de los cuales no han podido despegarse nunca. Alguno que, por casualidad, yo no conociera. Ya adentro, cuando vi de reojo los discos en la entrada, con la fotografía de su cara, y mientras buscaba a Jeanne, mi novia, que me guardaba un puesto en la tercera fila, me di cuenta de que “él” era Elliott Murphy. Lire la suite

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Marc : L’ « espèce de délicieux béguinage flamand » de Paul Guth

« J’ai écrit ces chroniques estudiantines à la plume, assis sur les marches d’un escalier menant aux chambres d’un pavillon de la Fondation Deutsch de la Meurthe, durant mes heures de repas ; bref sur place, à la manière d’un peintre qui réalise un tableau in situ » Marc Ryckewaert.

Tous les « deutschois » le connaissent, de près ou de loin. Lunettes rondes d’écaille, regard malin, sourire lumineux, allure estudiantine, sa sempiternelle et doctorale blouse blanche sait résoudre toutes les urgences des résidents.

Attardez-vous quelques instants avec l’homme. Si vous avez de la chance, Il saura vous faire revivre l’instant où Simone de Beauvoir rencontra Jean-Paul Sartre, dans une chambre anonyme d’un pavillon supposé. Il pourra même vous confier secrètement les numéros de chambre d’ex-résidents : Habib Bourguiba, Léopold Sédar Senghor, Raymond Barre, Sarah Kofman… ou encore vous racontera-t-il pourquoi Robert Brasillach, « Bob », qui, s’il reste une figure de la littérature française bannie des étagères, fut fusillé à la Libération, à 35 ans.
Mieux que quiconque, Marc Ryckewaert sait ressentir dans les douces odeurs d’encaustique de la Fondation Deutsch de la Meurthe ces « ambiances ineffables et chaleureuses des jeunesses envolées, de bohèmes évanouies, d’époques révolues. » Ange-gardien du « Royaume d’Enfance » du jeune Senghor, il saura aussi vous souffler que Jean-Paul, qui encore hante ces lieux, nous rappelle qu’il « faut lutter contre un régime et une idéologie néfaste » et se prévaloir de tous les racismes ; et que la Cité mériterait parfois mieux qu’un traitement qui manque de psychologie et de discernement.
Rares sont les romans qui prennent pour cadre la Cité Internationale : Le Marchand d’oiseaux (1936) de Robert Brasillach ou Les Hommes en blanc (1949) d’André Soubiran.

2009 voit la parution de Résonances, de « notre » gardien du temple. Si les quotidiens nationaux ont salué la sortie de ce  « roman estudiantin », si, comme pour le Da Vinci Code au Louvre, des lecteurs curieux visitent la Cité sur les traces de Résonances, la sortie de cet ouvrage d’une petite centaine de pages n’a paradoxalement pas vraiment « résonné » dans l’enceinte de la Cité.  Cité Babel s’y emploie donc modestement.
Dans un style rafraichissant mais exigeant, Marc Ryckewaert s’adresse à l’intemporalité de la Cité Internationale qu’il vit de l’intérieur.  L’auteur choisit Schiller pour débuter le roman « J’ai jadis perdu ma patrie pour l’échanger contre le vaste monde » : déjà, nous le savons, nous sommes à la Cité. Une plume sensuelle nous plonge au cœur de notre environnement quotidien, et après un passage par la Fondation Suisse, le lecteur se retrouve à la Deutsch, cette « espèce de délicieux béguinage flamand »  de Paul Guth.
Regorgeant d’informations sur la Cité Internationale et son histoire, Résonances nous fait partager des moments de vie de trois résidentes brillantes, Meriem Korichi, Hélène d’Automne et Anne Baert. Studieuses, escrimeuses, cultivées, on les fantasme. Méritantes, respectueuses, assoiffées d’azur, elles sont à l’opposé d’une certaine image d’une jeunesse égarée que des gérontocrates cherchent à propager. Résidentes comme nous, elles ont la chance de vivre dans un environnement hors du commun. Résonances évoque, par cette amitié et ces rires, ce quartier parisien de jeunesse : une histoire retrouvée des lieux. ●

GLG

Résonances, Editions Persée,  978-2-35216-359-6 10 €

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ANG – A new Persian Revolution?

When aspiring musician Ramin Sadighi was growing up during the Iran-Iraq war, the Iranian music scene was on hold. Rock and pop were banned, and he could only play indoor gigs with his contemporary
jazz band. These days, the 42-year-old’s record label, Hermes,
is a major axis of the burgeoning
experimental Iranian music movement. Now entering its ninth year, its trademark electro-instrumental
and experimental classical sounds have already earned it recognition
on the world music scene:
a Grammy nomination for its “East meets East” album ‘Endless Vision’, and the Iranian Label of the Year award at the 2006 Fajr International Music Festival.
I find the Hermes headquarters
tucked away in an unmarked apartment behind the chaotic Shariati
Avenue, North Tehran. Ramin welcomes me with a wide grin and ushers me into his office, a converted
living room. His beard and long hair are a signature Tehrani intellectual look. “I am a musician myself, so I’m not the standard big fat producer, the bad guy. I’m coming
from the same side,” he says knowingly in perfect English.
Ramin is also an astute businessman,
and clearly a pioneer by nature.
The contra bass player, who was born into a musical family, studied industrial engineering at university, and is by profession a business consultant. He reels off an impressive list of entrepreneurial
ventures: he established the first Iranian internet provider, ‘Neda Rayneh’, in 1991; and while a consultant to music and book chain ‘Book City,’ was the first to begin importing foreign music after the Revolution. “There was nothing written in law, but no one was daring to jump into that business.
I had to get permission from the Ministry of Culture. It took 6 or 7 months of arguments. They formed the council because of my requests.”
His efforts proved to be a success, so much so that his employers even provided
him with an interest-free loan and distribution agreement to start Hermes in parallel. “I realised there
were some layers missing in the music industry.” Once again Ramin was looking to break new ground, creating a “laboratory for experimenting on Persian music.” “There’s an abstract vision or idea, and you just want to explore.
That’s why half of these CDs are failed experiments,” he says, gesturing to a neat row of shelved CDs on my right.
The turning point came with the crossover electro-instrumental album
‘Journey’ written and performed
by Setar player (4-string lute) Masoud Shaari and electronically fused by Christophe Rezai. “From that point people believed there is something happening here.” And the experiments became more ambitious.
Ramin mentions Afgah, whose album ‘Genesis’ mounts an abstract orchestration of between five and eighteen Tombaks. I ask whether his experimental approach
has encountered any internal
resistance. Only from a hardcore of the traditional music system (Radif), who believe Hermes
is “ruining Persian music”.
But Ramin’s contempt for convention
is innate, and extends even to his business model. “I’m investing in a concept. I don’t own any of my artists: it’s just an open friendship. We work together as long as we have common wavelengths. Each album is a sort of small company where Hermes and the artists have shares.”
Such dedication to the Hermes vision has earned him his own “family” of talented artists and a large fan base. “It is the only label in Iran to become a brand. This is the only thing I am proud of,” he boasts. And despite operating
in an environment void of copyright
law, where getting permission
to hold a concert is difficult, he finally made a profit for the first time this year.
Ramin believes Iranian music could flourish on the world stage, in the same way Indian music did in the sixties and seventies, if only his colleagues would refrain from flouting copyright law. “But I am not the Minister of Culture,” he says jokingly, “I’m just running a business here.” But we both know it’s much more than that.
Lucinda Homa Dunn
Malgré un contrôle gouvernemental souvent très strict, notamment sur la musique, la culture perse n’en est pas moins extrêmement dynamique. En témoigne l’apparition du label de musique expérimentale Hermes, aujourd’hui reconnu internationalement, et qui fut le premier après la Révolution à pouvoir offrir un espace d’expression aux musiciens iraniens. CB est allé rencontrer Ramin Sadighi à Téhéran et vous rapporte ici un entretien qui a force de symbole.
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http://www.aircup.orgMalgré un contrôle gouvernemental souvent très strict, notamment sur la musique, la culture perse n’en est pas moins extrêmement dynamique. En témoigne l’apparition du label de musique expérimentale Hermes, aujourd’hui reconnu internationalement, et qui fut le premier après la Révolution à pouvoir offrir un espace d’expression aux musiciens iraniens. CB est allé rencontrer Ramin Sadighi à Téhéran et vous rapporte ici un entretien qui a force de symbole.

Malgré un contrôle gouvernemental souvent très strict, notamment sur la musique, la culture perse n’en est pas moins extrêmement dynamique. En témoigne l’apparition du label de musique expérimentale Hermes, aujourd’hui reconnu internationalement, et qui fut le premier après la Révolution à pouvoir offrir un espace d’expression aux musiciens iraniens. CB est allé rencontrer Ramin Sadighi à Téhéran et vous rapporte ici un entretien qui a force de symbole.

When aspiring musician Ramin Sadighi was growing up during the Iran-Iraq war, the Iranian music scene was on hold. Rock and pop were banned, and he could only play indoor gigs with his contemporary jazz band. These days, the 42-year-old’s record label, Hermes, is a major axis of the burgeoning experimental Iranian music movement. Now entering its ninth year, its trademark electro-instrumental and experimental classical sounds have already earned it recognition on the world music scene: a Grammy nomination for its “East meets East” album ‘Endless Vision’, and the Iranian Label of the Year award at the 2006 Fajr International Music Festival.

I find the Hermes headquarters tucked away in an unmarked apartment behind the chaotic Shariati Avenue, North Tehran. Ramin welcomes me with a wide grin and ushers me into his office, a converted living room. His beard and long hair are a signature Tehrani intellectual look. “I am a musician myself, so I’m not the standard big fat producer, the bad guy. I’m coming from the same side,” he says knowingly in perfect English. Ramin is also an astute businessman, and clearly a pioneer by nature.

The contra bass player, who was born into a musical family, studied industrial engineering at university, and is by profession a business consultant. He reels off an impressive list of entrepreneurial ventures: he established the first Iranian internet provider, ‘Neda Rayneh’, in 1991; and while a consultant to music and book chain ‘Book City,’ was the first to begin importing foreign music after the Revolution. “There was nothing written in law, but no one was daring to jump into that business. I had to get permission from the Ministry of Culture. It took 6 or 7 months of arguments. They formed the council because of my requests.”

His efforts proved to be a success, so much so that his employers even provided him with an interest-free loan and distribution agreement to start Hermes in parallel. “I realised there were some layers missing in the music industry.” Once again Ramin was looking to break new ground, creating a “laboratory for experimenting on Persian music.” “There’s an abstract vision or idea, and you just want to explore. That’s why half of these CDs are failed experiments,” he says, gesturing to a neat row of shelved CDs on my right.

The turning point came with the crossover electro-instrumental album ‘Journey’ written and performed by Setar player (4-string lute) Masoud Shaari and electronically fused by Christophe Rezai. “From that point people believed there is something happening here.” And the experiments became more ambitious.

Ramin mentions Afgah, whose album ‘Genesis’ mounts an abstract orchestration of between five and eighteen Tombaks. I ask whether his experimental approach has encountered any internal resistance. Only from a hardcore of the traditional music system (Radif), who believe Hermes is “ruining Persian music”.

But Ramin’s contempt for convention is innate, and extends even to his business model. “I’m investing in a concept. I don’t own any of my artists: it’s just an open friendship. We work together as long as we have common wavelengths. Each album is a sort of small company where Hermes and the artists have shares.”

Such dedication to the Hermes vision has earned him his own “family” of talented artists and a large fan base. “It is the only label in Iran to become a brand. This is the only thing I am proud of,” he boasts. And despite operating in an environment void of copyright law, where getting permission to hold a concert is difficult, he finally made a profit for the first time this year.

Ramin believes Iranian music could flourish on the world stage, in the same way Indian music did in the sixties and seventies, if only his colleagues would refrain from flouting copyright law. “But I am not the Minister of Culture,” he says jokingly, “I’m just running a business here.” But we both know it’s much more than that.

Lucinda Homa Dunn

www.hermesrecords.com

The Independent, 4 May 2007 Meet the Persian music-makers

Du même auteur :

Media Training, Afghan agenda: (3 août 2009)

http://www.guardian.co.uk/media/2009/aug/03/media-industry-news

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ITA: The self-made man all’italiana (FRA: Berlusconi, l’homme qui se fait justice tout seul)

THE SELF-MADE MAN ALL’ITALIANA

In tempi di crisi economica globale e di insperata quanto urgente rivoluzione energetica, la cronaca politica italiana è ugualmente attiva su molteplici fronti interni. Fra i numerosi fatti degni di nota che hanno ritmato la recente attualità italiana (la morte di Eluana Englaro e l’uso politico che ne è stato fatto e se ne fa tutt’oggi, la sconfitta di Renato Soru alle elezioni amministrative in Sardegna e la conseguente crisi del principale partito di opposizione al governo di Silvio Berlusconi), dedico queste righe a quello che forse ha fatto e fa più discutere: l’entrata in vigore del cosiddetto “pacchetto sicurezza”, il Decreto Legge n° 11 del 23 febbraio 2009.

Non è mia intenzione mettere in discussione la necessità di tale Decreto Legge, né la sua urgenza: una tale iniziativa richiederebbe molto più spazio, tempo e conoscenza della realtà in cui questo provvedimento si iscrive. Vorrei, tuttavia, entrare nel merito di una novità ben precisa che il Decreto introduce nel ruolo che ciascuno di noi potrà compiere in ambito sociale. Riporto qui di seguito una parte dell’articolo in questione(1):

Articolo 6, comma 3: I Sindaci possono avvalersi della collaborazione di associazioni tra cittadini non armati, previa intesa con il Prefetto che ne informa il Comitato provinciale per l’ordine e la sicurezza pubblica, al fine di segnalare agli organi di polizia locale, ovvero alle Forze di polizia dello Stato, eventi che possano arrecare danno alla sicurezza urbana ovvero situazioni di disagio sociale.

Secondo l’interpretazione più diffusa e espressiva che è stata data di questo comma, il Decreto istituisce le cosiddette “ronde”. Questa parola è in grado di riportare immediatamente ciascun cittadino italiano indietro di 80 anni, epoca durante la quale molto si contava sull’impegno individuale in favore dell’adesione collettiva all’ortodoxia fascista. L’analogia con le squadre del Ventennio mussoliniano potrebbe apparire eccessiva: per esempio, c’è da essere rassicurati dal fatto che un emendamento proposto dalla formazione di governo abbia inserito quel “non armati” che mancava nel testo originale proposto dagli esponenti della Lega Nord. Ci sono, però, due questioni fra tante che sollevano particolarmente la mia reazione e inquietudine.

La prima è una questione di principio. Lo Stato detiene legittimamente il monopolio dell’uso della forza, monopolio che si compie tramite la burocrazia e la polizia. Sotto questa luce, condivisa dalla maggior parte delle definizioni di Stato in tutte le sue forme amministrative, il Decreto citato rappresenta una delega di uno dei poteri fondamentali di uno Stato, una delle ragioni principali per cui ciascuno di noi può dirsi cittadino e contare su un certo numero di diritti inalienabili.

Se si mettesse da parte per un istante questa questione di principio (i princìpi sono un lusso in tempi di crisi istituzionale e politica), si arriverebbe alla seconda questione: una questione pratica che mi spinge a prendere atto della novità e ad analizzarne le conseguenze. Si tratta semplicemente di fiducia: posso io, cittadino qualunque, avere fiducia in coloro verso cui è svolta la delega? Su questa delega, il cittadino ha un controllo solo parziale in quanto è il suo rappresentante più diretto, democraticamente eletto, a metterla in atto: il sindaco. Lungi da me la tentazione di emettere un giudizio sull’operato e sulle dichiarazioni dei sindaci. Si sa, però, che l’amministratore locale è a sua volta un delegato: il colore politico di un sindaco non può non influire sulla scelta di avvalersi o meno dell’aiuto delle “associazioni fra cittadini”, né sulla scelta di questa o quella associazione. A mio modestissimo parere, il semplice rischio che Ia delega possa fare cadere la minima responsabilità di sicurezza collettiva su qualcuno mosso dai propositi razzisti, xenofobi e intolleranti di Lega Nord, Alleanza Nazionale, Forza Nuova o altre organizzazione neofasciste è sufficiente a giustificare una critica completa e radicale del testo del Decreto. Immancabilmente, la recente attualità non fa altro che confermare ciò che ci si poteva attendere: il colore delle più zelanti milizie cittadine, intervenute per la nostra sicurezza ancor prima dell’entrata in vigore del decreto, è effettivamente nella maggior parte dei casi nero e verde (nero come le camicie fasciste, verde come le bandiere della Lega Nord).

La maggior parte dell’opinione pubblica italiana, la stessa che periodicamente si reca alle urne, è da tempo in balia della digestione mediatica di televisioni filo-berlusconiane, Essa non si scandalizza più di niente: né di uno Stato che delega un suo potere fondamentale, né di un rischio di spedizioni punitive condotte sulla base di giudizi sommari e soggettivi. Razionalmente e tristemente, c’è poco di cui stupirsi: il Decreto Legge in questione è sbocciato sullo stesso ramo parlamentare che dai banchi dell’opposizione propose lo sciopero delle imposte. In quest’ottica, il “pacchetto sicurezza” è un’iniziativa che arricchisce il paradigma dell’uomo moderno tanto cara a Silvio Berlusconi: dopo l’uomo che si è fatto da solo, è venuto l’uomo che si è fatto le regole da solo, ora evoluto in uomo che si fa giustizia da solo.

ITALY ELECTIONS

 

THE SELF-MADE MAN À L’ITALIENNE

Par ces temps de crise économique globale et d’urgente révolution énergétique, la vie politique italienne est également active sur plusieurs fronts internes. Parmi les nombreux faits dignes de remarque qui ont rythmé la récente actualité de la péninsule (la mort d’Eluana Englaro et son utilisation à fins politiques ou encore la défaite de Renato Soru aux élections régionales en Sardaigne et la successive crise du principal parti d’opposition au gouvernement de Silvio Berlusconi), je consacre ces lignes à celui que probablement a engendré les discussions le plus animées: la promulgation du Décret n°11 du 23 février 2009 au sujet de la sécurité des citoyens [de manière rapide, nous pouvons dire que pour la Constitution italienne un décret équivaut à ce que dans la V République française on appelle une Ordonnance: il s’agit d’une mesure législative propre à l’exécutif qui entre en vigueur le même jour de la présentation aux chambres parlementaires et pour les 60 jours suivant sa promulgation. Pendant cette durée, les chambres peuvent entamer les débats visant à la transformation du décret en loi. Le pouvoir exécutif peut faire valoir son droit de recourir à cette procédure législative déléguée sous conditions très précises et en particulier en cas de nécessité et urgence].

Mon intention n’est pas celle de mettre en question la nécessité ni l’urgence de ce Décret: cette initiative demanderait bien plus d’espace, temps et connaissance de la réalité dans laquelle le Décret intervient. Je vais, au contraire, m’occuper d’une question bien précise, une nouveauté que le Décret introduit dans le rôle que chaque citoyen italien peut avoir dans un cadre social et collectif. Je me permets de traduire et résumer ci-dessous la partie de l’article concerné(1): les maires peuvent décider de profiter de la collaboration d’associations de citoyens non armés afin de signaler aux forces de l’ordre locales les événements susceptibles de causer dommage à la sécurité urbaine ou situations de désagrément social.

D’après l’interprétation la plus courante qui a été donnée de cet article, le Décret officialise ce qu’en Italie on appelle “le ronde”. Ce mot est capable de transporter chaque citoyen italien en arrière de 80 ans, à une époque où on comptait particulièrement sur l’engagement individuel en faveur de l’adhésion collective à l’ortodoxia fasciste. L’analogie entre les “ronde” et les milices mussoliniennes pourrait apparaître forcée: par exemple, il y a de quoi être rassurés du fait qu’un amendement proposé par la coalition de gouvernement ait rajouté ce “non armés” au texte initialement rédigé par les représentants de la Ligue du Nord. Deux aspects parmi plusieurs méritent tout de même de l’attention et soulèvent ici ma réaction et inquiétude.

Le premier point est une question de principe. L’État détient légitimement le monopole de l’usage de la force, monopole qu’il met en pratique par la bureaucratie et la police. Sous cette lumière, partagée par la plupart des définition d’État quelque soit sa forme administrative, par le Décret mentionné l’État italien délègue un de ses pouvoirs fondamentaux, une des principales raisons pour lesquelles chacun d’entre nous peut se dire citoyen et compter ainsi sur un certain nombre de droits inaliénables.

Si nous arrivions à mettre de côté pour un instant cette première question de principe (les principes sont un luxe au cours de la longue crise institutionnelle et politique que l’Italie traverse depuis 1994), nous affronterions la deuxième question: une question pratique qui me pousse à prendre conscience de la nouveauté et à en analyser les conséquences. Il s’agit, tout simplement, de confiance: puis-je, citoyen quelconque, faire confiance à ceux vers qui est réalisée la délégation? Le citoyen a un contrôle limité sur cet acte car il est mis en place par son représentant le plus direct, démocratiquement élu: le maire. Tout en évitant de fournir un jugement sur les actions et les déclarations des maires, il m’est,, pourtant, inévitable de constater que le maire n’est qu’à son tour un délégué: la couleur politique du maire ne peut ne pas influencer la décision d’élargir le nombre des garants de la sécurité collective ou le choix d’une association de citoyens plutôt qu’une autre pour le faire. À mon point de vue, la simple existence du risque que la moindre responsabilité de sécurité collective tombe sur un militant des principes fascistes, xénophobes et intolérants promus par Alliance Nationale, la Ligue du Nord ou autres organisations néo-fasciste est suffisante pour justifier une critique complète et radicale du texte du Décret. Immanquablement, la récente actualité ne fait rien d’autre que confirmer ce que nous pouvions nous attendre: la couleur des milices les plus motivées intervenues pour notre sécurité même avant l’entrée en vigueur du Décret est noire et verte. Noire comme les chemises des milices fascistes et verte comme les drapeau des militants de la Ligue du Nord.

La plupart de l’opinion publique italienne, la même que périodiquement se rend aux bureaux de vote, est depuis longtemps à la merci de la digestion médiatique de télévisions filo-berlusconiennes. Elle ne se scandalise plus de rien: ni d’un État qui délègue un de ses pouvoir fondamentaux, ni du risque d’expéditions punitives conduites sur la base de jugements sommaires et subjectifs. Rationnellement et tristement, il n’y a pas grande chose dont s’émerveiller: le Décret en question a bourgeonné sur la même branche parlementaire qui depuis les bancs de l’opposition proposa la grève des impôts. Sous cette lumière, l’ensemble des mesures pour la sécurité des citoyens prises par le Gouvernement est une initiative qui enrichit le paradigme de l’homme moderne, aussi chère à Silvio Berlusconi: après l’homme qui s’est fait tout seul, vient l’homme qui se fait les règles tout seul, maintenant évolué en homme qui se fait justice tout seul.

Lorenzo PONZO 

 

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