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L’interview de Sylviane Tarsot-Gillery, Déléguée Générale de la CIUP

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Sylviane Tarsot-Gillery, Déléguée Générale (DG) de la CIUP, a bien voulu accorder une interview à votre journal. Nous avons pu évoquer son parcours personnel, son rôle de DG, les évolutions de la Cité ainsi que les valeurs auxquelles elle est attachée. CB prend de la hauteur et vous rapporte ici cette conversation très enrichissante.


CB : Madame la DG, pouvez-vous nous expliquer quel est votre parcours personnel ? Pouvez-vous nous préciser ce qui vous attiré vers la Cité Internationale ?

A la sortie de l’ENA, j’ai commencé ma carrière comme magistrat à la Cour des Comptes. J’ai ensuite passé l’essentiel de ma carrière au ministère de la Culture ; je possède donc la double casquette de gestionnaire et d’administrateur de la culture.

Je connaissais la Cité pour l’avoir fréquentée lorsque j’étais étudiante. Je l’ai redécouverte il y a une quinzaine d’années, quand j’ai été amenée à travailler sur le Théâtre de la Cité. La vision à la fois utopiste et humaniste dont la Cité est issue m’a convaincue de prendre le poste de DG lorsque celui-ci s’est libéré. Œuvrer au bon fonctionnement de cet ouvrage formidable (bien que privé, il possède une vraie mission d’utilité publique) est en effet professionnellement très gratifiant.

CB : Quels sont vos interlocuteurs réguliers ?

Tout d’abord, il faut savoir que la Fondation Nationale (FN) échappe à toute tutelle directe. Avant même les organes centraux, c’est avant tout avec les collectivités locales, comme la Ville de Paris ou la région Ile-de-France que nous coopérons le plus: la Cité, par sa superficie et sa population est en effet un élément constitutif de Paris et de sa région. Présents à notre Conseil d’Administration, les ministères de l’Enseignement Supérieur, des Affaires Etrangères et de la Culture sont également des interlocuteurs incontournables. Depuis qu’il existe, nous avons eu l’occasion d’interagir également avec le ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire, surtout pour plaider des cas d’étudiants brillants qui n’arrivaient pas à obtenir de visas. Depuis le printemps 2007, nous avons également un nouvel interlocuteur de choix : l’Elysée. En effet, de par son rôle de « laboratoire » de l’Enseignement supérieur, « d’observatoire » de l’intégration des élites étrangères et par l’image d’ouverture internationale qu’elle procure, la Cité Internationale est souvent en contact avec la Présidence de la République (un ancien de la MEASE y occupe actuellement la fonction de conseiller pour la presse). C’est enfin avec les ambassadeurs des pays concernés que nous avons les contacts les plus suivis, en ce qui concerne les maisons « nationales ».

CB : Quelles sont vos attributions en tant que DG ?

La fonction que j’occupe est comparable à celle de chef d’orchestre. En effet, mon rôle consiste non seulement à gérer les services de la FN (administratifs, sportifs etc.) et 18 maisons dont j’ai la responsabilité, mais je dois également veiller à la coordination et à l’animation de l’ensemble du site.

Certaines maisons étant non directement rattachées à la FN, ma mission est de faire travailler tout le monde dans le même sens, dans l’intérêt de tous les résidents. Basée sur le dialogue, l’écoute et le partage des expériences, ma tâche est donc de moderniser la Cité afin qu’elle réponde aux attentes des étudiants et des chercheurs d’aujourd’hui et qu’elle demeure le lieu d’échange unique au monde qu’elle a toujours été.

CB : Comment travaillez-vous avec les associations de la Cité ?

Il y a trois associations à la Cité Internationale : Alliance Internationale (AI), AIRCUP et PariCité. AI joue un rôle fondamental auprès des anciens et des amis de la CIUP, elle permet la poursuite des expériences de la Cité « en dehors et après la Cité » et assure, par le réseau des anciens, une véritable implantation internationale de la CIUP. PariCité, pôle issu d’AIRCUP, s’est quant à elle positionnée très vite dans l’optique du développement durable sur la Cité, ce qui correspond totalement aux engagements de la CIUP.

Je suis ravie d’accueillir votre projet de journal Cité Babel : je suis bien sûr attentive aux initiatives des différentes associations et je souhaite qu’elles répondent aux besoins des résidents et qu’elles puissent mettre la Cité en valeur. Cité Babel semble répondre à ces attentes. Je salue donc votre initiative et vous souhaite de parvenir à pérenniser ce journal qui –je l’espère- deviendra bientôt un lien interculturel indispensable entre les résidents. Mes relations avec Aircup ont pu être assez sporadiques par le passé, mais votre association a su montrer, notamment à travers l’organisation de la fête de la Cité, qu’elle sait fédérer tous les résidents. Sachez que vous pouvez compter sur moi pour vous aider dans cette mission de transmission de valeurs universelles et multi-culturelles.

CB : En quelques mots, à quelles valeurs êtes-vous particulièrement attachée pour le développement futur de la Cité ?

Développement durable, culture, ouverture et solidarité.

CB : Développement durable ? Quel niveau d’exigence environnementale avez-vous ?

Oui, la FN s’est engagée à respecter les « objectifs 2020 » : en 2020, moins 20% d’émission de gaz à effet de serre et 20% d’énergies renouvelables dans sa consommation énergétique. Bien que ces objectifs semblent durs à réaliser, nous commençons par exemple à équiper la MINA et la Fondation Abreu de Grancher avec des panneaux solaires.

CB : Enfin, Madame la DG, pourriez-vous nous confier quel est votre meilleur, et votre pire souvenir depuis que vous êtes en fonction ?

En fait, mon meilleur est peut-être également mon pire souvenir… En novembre 2007, 18h00, la sous-station de chauffage de la résidence « Quais de la Loire » explose, laissant ses 170 résidents sans chauffage et sans électricité. Pour gérer cette crise, il nous a fallu ouvrir en toute urgence la Fondation Avicenne (fermée depuis août). Toute l’équipe de la FN s’est alors mobilisée, la juriste aidait à refaire les lits, le chauffage a été remis en route d’urgence, le restaurant a retardé sa fermeture. Malgré le traumatisme de l’incident, les résidents ont pu tous être relogés pour 20h00. Cette expérience, très éprouvante, me laisse quand même un souvenir d’entraide exceptionnel, humainement très fort.

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FRA: Les drôles d’oiseaux de Ludwig…

Certains, au début, n’en croyaient pas leurs yeux. « Des aigles !!? ». Non.. des buses de Harris, ou encore des faucons lanier, ou gerfaut ; en tout une quinzaine de rapaces a séjourné sur la Cité pendant plusieurs mois. Coincée entre le périphérique et le ventre de Paris, la Cité Universitaire, est un espace exceptionnel de verdure et de tranquillité. Les résidents le savent et en profitent au quotidien. Les corbeaux et autres pigeons, hélas, le savent aussi. Venant nicher dans les arbres ou se regrouper en colonies pouvant atteindre plusieurs centaines d’individus, les corbeaux sont un des pires ennemis de la Cité et de ses résidents. « En période de nidification, ils leur arrivent de piquer sur la tête des gens qui s’approchent » nous confie Ludwig, le maître fauconnier qui orchestre ce ballet aérien. « Il m’est arrivé, dans une maison de retraite d’avoir à faire à des personnes âgées qui n’osaient plus sortir. Les corbeaux avaient conquis les airs et ne toléraient personne sur leur territoire, ils piquaient sur les gens pour parfois les blesser au cuir chevelu ! ». Loin de ces scènes hitchcockiennes, la Cité a vu sa quiétude troublée par les corvidés durant les dernières années. Ne se comptant plus par dizaines mais par centaines, les oiseaux devenaient encombrants et commençaient à former une colonie sans cesse croissante. Fallait-il organiser une battue ? Détruire les nids ? Empoisonner les corbeaux ? L’intelligence remarquable de ces oiseaux rendait ces solutions illusoires. Voulait-on entendre des coups de feu ou apprendre que du poison avait été répandu sur nos pelouses ? Il en était hors de question. A ce phénomène naturel mais nuisible, seule pouvait répliquer une autre force de la nature. Certains d’entre vous ont eu l’occasion d’admirer ou de photographier ces magnifiques animaux. Nous venant d’Amérique (pour les plus gros spécimens) ou d’Europe, les buses ont pour but d’effrayer, de repousser les corbeaux hors de la Cité. « Les corbeaux attaquent mes oiseaux parfois, il faut donc faire attention. De plus, ils sont très intelligents et attachés à ce territoire… Natalie, ma collègue, et moi essayons parfois d’en tuer un. Alors ses congénères lancent un « cri de mort » qui les fait fuir durablement » nous confie Ludwig dans un français chantant, aux sonorités flamandes. Mais la plupart du temps, à la simple vue des oiseaux de proie, les corbeaux (et les pigeons par la même occasion) préfèrent s’éloigner. Ludwig, personnage discret, mais profondément sympathique et attachant, s’active ainsi depuis plusieurs mois à mener à bien une véritable bataille aérienne sur notre Cité pour le bien-être de tous les résidents. Sans que beaucoup le sachent, ses oiseaux de proie ont ainsi permis à la Cité de continuer d’être un espace « aérien » de quiétude absolue.

GLG

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« Ludwig et l’oiseau »

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On nous a dit parfois qu’il était un peu douloureux de voir ces oiseaux franchement impressionnants..attachés par une lanière de cuir; qu’ils ne choisissaient pas leur vie et que « l’Homme » continue d’asservir la « Bête ».

Certes. En tous cas, on a beaucoup de photos. Vu qu’elles ne seront pas imprimées, les voici:

img_2975Il faut savoir que les oiseaux de proie sont des êtres très sociables, qui font preuve d’une intelligence et d’une espérance de vie hors du commun. Leur vie avec leur « homme-oiseau » qu’est leur maître, « monde social étendu aux non-humains » (ie. http://www.cairn.info/revue-anthropologie-des-connaissances-2007-1-page-35.htm), est très harmonieuse -semble-t-il. Au-delà du « J’effraie tes pigeons, tu me nourris », les années partagées, la rencontre d’intelligences, ont fait que cette relation s’est sublimée au-delà des différences homme-animal.

Cette forme « d’entre-aide » (http://refractions.plusloin.org/IMG/pdf/20_Carrapatoethique.pdf) est remarquable.

L’auto-idenfication « à la Hemingway » est touchante.

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Up the road, in his shack, the old man was sleeping again. He was still sleeping on his face and the boy was sitting by him watching him. The old man was dreaming about the lions.

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FRA: Le progrès au XXIème siècle ou «qu’est-ce qui a cloché?»

Pr. Axel KAHN, généticien célèbre et président de nombreux comités d’éthique, Président de l’Université Paris 5 Descartes a spontanément accepté de venir ouvrir le cercle de conférences données dans le cadre du club des chercheurs au Collège Franco-britannique, le 3 décembre 2008.

La notion de « progrès » aujourd’hui ne peut pas ne pas intéresser les chercheurs et plus largement les étudiants. En effet, chacun se doit d’« enrichir les savoirs », chaque chercheur est persuadé de participer au progrès de la société. Cette notion de progrès est donc centrale à toute activité intellectuelle, mais cette notion est-elle aujourd’hui en crise ?

Vue comme un « pas collectif du genre humain » par Victor Hugo ou comme une « progression continue vers un terme idéal » par Jean-Paul Sartre, la notion de progrès traverse cependant une période de crise. Ainsi, en Occident, la confiance dans le progrès a subi une évolution fantastique en un siècle : de confiance aveugle au début du XXème siècle nous sommes passés à une méfiance absolue. D’une perception des chercheurs comme « hussards noirs du progrès », nous observons de plus en plus que les effectifs des filières de recherche en sciences exactes plongent tandis que ceux des écoles de commerce, de business augmentent sans cesse.

Cette « marche de l’humanité d’un pas ferme et sur la route de la vérité du bonheur et de la vertu » selon Condorcet a permis l’exploration de la Lune, la construction d’une communauté mondiale par le réseau Internet, le séquençage du génome humain mais il s’est également accompagné d’une hausse de l’individualisme et des dépressions, des millions de morts atroces que ce soit à Auschwitz ou à Hiroshima, ou la destruction de l’environnement à l’échelle planétaire, alors –se demande Dr. Kahn- « qu’est-ce qui a cloché dans cette idée fabuleuse du progrès..? » Le progrès de la connaissance, de la technique, de la prospérité des nations, le progrès du bonheur des peuples semble aujourd’hui devoir être pris avec beaucoup plus de distance, voir de naïveté.

Axel Kahn, érudit et scientifique, a rappelé à un auditoire passionné l’origine de cette notion et son évolution jusqu’à nos jours, que Cité Babel se propose de vous rapporter ici.

Tout d’abord la science en tant que « fonction dont le but est la connaissance des lois régissant les phénomènes naturels » n’est pas si vieille que ça, 5/6000 ans au plus, les Grecs ayant les premiers réfléchi sur la science, mais pas sur le progrès. Or les Grecs n’ont nullement le sentiment que la société est perfectible, en revanche, inventent la réflexion sur les relations entre la science et la morale.

La réelle notion de progrès nait avec la renaissance, notamment avec Francis Bacon pour qui « le savoir est pouvoir » et René Descartes affirmant que la « science est faite pour l’homme comme maitre et possesseur de la nature ». Blaise Pascal voit l’Humanité comme un seul homme, chaque individu comme une cellule constitutive de celui-ci « toute la suite des hommes depuis tant de siècles est comme un seul homme qui apprend continuellement », depuis lors, l’Homme possède alors un pouvoir sans fin.. du moins en est-il persuadé.

Le 18ème siècle retrouve l’optimisme des anciens Grecs et l’amélioration matérielle des conditions de vie de l’homme est l’aboutissement de cette idée même du progrès. Cette vision positiviste du progrès va se poursuivre jusqu’au 20ème, où l’ambivalence de la science va aboutir sur une vision beaucoup plus contrastée du progrès. Dr. Kahn prend pour exemple Fritz Haber, Prix Nobel de Chimie en 1918 qui est à l’origine de la création des engrais chimiques qui purent sauver des millions de personnes. Ses découvertes permirent aussi de créer l’ypérite, le gaz des tranchées et le Zyklon B, le gaz des camps : le même homme, la même science ont pu avoir deux utilisations. Dès lors l’idée même du progrès allait être assimilée à un double tranchant redoutable. De même, reprend Dr. Kahn, les 19 du 11 septembre avaient fait des études poussées..

Y avait-il de la naïveté dans la notion du progrès ? Importe-t-il avant tout de réfléchir aux moyens utilisés ? En effet, la notion de « fin » semble avoir disparu chez les jeunes chercheurs actuels.

Prenant pour exemple une promo de l’Agro dont il était parrain, Axel Kahn rapporte l’anecdote suivante : demandant à de jeunes diplômés ce qu’ils veulent faire de leur carrière, il croyait s’entendre répondre « nourrir le monde, non ? ». Mais un petit froid d’installe. « Ils n’osaient pas répondre « avoir du pèze », agir sur le monde, aider l’Humanité n’existait pas pour ces jeunes diplômés, le but de leur engagement est prendre des parts de marché. Telle est la perte d’idéaux induite par l’absurde capitalisme financier moderne. » Ainsi, on se fixe des moyens sans jamais observer les fins de notre activité scientifique.

Pr. Kahn de conclure que l’amélioration des moyens doit accompagner un but ultime de la recherche, seulement ainsi nous réhabiliterons l’optimisme du progrès et de l’idéal universitaire.

GLG


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FRA: Les chevaux de la Cité et la Garde Républicaine

En tant que résidents de la Cité, vous avez tous remarqué la Garde à cheval qui patrouille régulièrement dans nos allées. Ces trois cavaliers ne vous ont-ils pas d’abord fasciné ? Ne vous êtes-vous pas arrêté quelques secondes pour regarder les chevaux ? Cité Babel est allé rencontrer le Chef d’Escadron Franck Clément afin d’en savoir plus pour vous.

Vous les croyiez peut-être là pour égayer la Cité de leurs sabots, mais les « Pelotons de Surveillance et d’Intervention à Cheval » de la Garde Républicaine sont -bien entendu- là pour garantir notre sécurité à tous.

Toujours composées de trois cavaliers (en cas de contrôle, un « appuie », le dernier « couvre »), ces patrouilles passent deux fois par semaine sur la Cité et ce, de façon aléatoire pour des raisons évidentes.

Les cavaliers que vous voyez sont en fait des gendarmes, et non des policiers. Ils sont donc militaires, vous le saurez s’il vous arrive de les saluer 🙂 !

La Garde Républicaine est issue de la Garde Municipale de Paris, créée en 1802 par Napoléon et elle continue d’assurer des missions de service d’ordre, notamment lors des grands rassemblements.

Depuis le « siècle français » cependant, des évolutions historiques ont fait que le régiment de cavalerie de la Garde Républicaine ne joue plus le rôle qu’il jouait jadis. Le « siècle du pétrole » a rendu nos routes goudronnées et les fers des chevaux y glissent, au risque de s’y blesser ; il a surtout couronné les voitures et les motos qui restent plus rapides, disponibles… et qui mangent moins de foin !

En outre, un traumatisme historique spécifique à la France subsiste en matière d’emploi des chevaux, notamment dans les manifestations. Au cœur de la crise des années 1930 et du phénomène des ligues d’extrême-droite, des manifestations violentes se multiplient, notamment à Paris. Ces mouvements fascisants se regroupent sur la place de la Concorde, le 6 février 1934, sous l’impulsion du colonel de la Rocque. La France, ce soir-là, est sur le point de suivre l’Italie ou l’Allemagne… Les émeutiers ont en effet réussi à prendre l’Assemblée Nationale : ils avaient des rasoirs accrochés à de longs bâtons, avec lesquels ils coupaient les jarrets des chevaux de la Garde Républicaine, révélant ainsi son « talon d’Achille ».

Malgré la « Crise », nous sommes loin de ces sombres années, mais le rôle assigné aux forces montées n’en reste pas moins principalement « préventif ». Néanmoins, les atouts de la Garde Républicaine sont multiples.

Les chevaux peuvent permettent d’apporter une pression physique sans équivalent, ils « impressionnent ».

De plus, par leur hauteur physique, les cavaliers ont une bien meilleure visibilité que leurs collègues à pied ; ils peuvent voir et, surtout, ils peuvent être vus, ce qui présente un avantage indéniable en terme de maintien de l’ordre (les potentiels délinquants s’abstiennent généralement).

Le respect naturel que l’on porte aux chevaux, « la plus noble conquête que l’Homme ait jamais faite », est un atout extraordinaire pour la Garde à cheval : en respectant les chevaux de la Garde Républicaine, c’est bien la République que l’on respecte.

Enfin, et vous l’aurez sans doute remarqué, des « gendarmes à cheval » bénéficient d’une très bonne capacité de contact, notamment avec les résidents (et Cité Babel !), ce qui ne serait peut-être pas autant le cas de « gendarmes à pied ». La fascination naturelle pour les chevaux joue à plein et permet d’assurer des patrouilles sur la Cité sans pour autant laisser d’impression « policière » derrière elle.

Ainsi, lorsque vous entendrez le bruit des sabots, rassurant et sympathique, sachez que la Cité est un des rares lieux où la Garde Républicaine patrouille. Résidents, nous avons de la chance que notre sécurité puisse être assurée par des chevaux !


Cité Babel tient enfin à remercier la Garde Républicaine, et particulièrement le Commandant Clément pour son accueil, sa disponibilité et sa gentillesse.

*Crédit photo : Garde Républicaine/VPC

Clin d’oeil historique de la Cité à la GR: inauguration de la Fondation des Etats-Unis; c’est bien M. André Honnorat, et, déjà, la GR…

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Crédit photo Ministère de la Culture (France), Médiathèque de l’architecture et du patrimoine (archives photographiques) diffusion RMN

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FRA: En mémoire de mes années d’études à la Cité

Si quelqu’un me demande, que représente la Cité Universitaire pour toi ? « Je réponds immédiatement « La vie multiculturelle » ».

Comprenez-le comme vous voulez: c’est le mélange. Autrement dit, la synthèse de différentes cultures dans une charmante ambiance internationale. Autre expression centrale : l’échange « culturel ».

J’ai vécu pendant trois ans cette vie multiculturelle à la Cité au cours de mes études à Paris. Pour tout dire, la Cité signifie l’ouverture d’esprit vers les cultures et les langues étrangères. Cela signifie évidemment le respect de l’un envers l’autre.

C’était des moments formidables de ma vie. J’en ai des beaux souvenirs qui se fondent sur l’amitié naturelle et sincère.

Les années ont passé mais, aujourd’hui encore, quand je communique avec les étrangers dans les milieux internationaux, je me sens bien et à mon aise. J’ai acquis cette disposition sociale, tant acquise que naturelle, grâce à mon intégration dans la vie multiculturelle de la Cité. La Cité m’a offert cette mobilité sociale conformément à son ambiance internationale et son esprit.

Elle m’a permis de trouver un horizon inoubliable pour la vie multiculturelle. C’était une expérience formidable de vie commune avec l’aspiration des cultures mélangées autour de la tolérance et du respect.

La Cité abritait des étudiants étrangers qui viennent de tous les coins du monde: environ 5500 étudiants et chercheurs venant de plus de 120 pays présentant différentes couleurs du monde! Ils y apportent leur culture nationale et ils prennent une autre par la voie d’une langue commune dans ce milieu international: le français…D’ailleurs, ils apprennent les langues d’autres nations aussi. Ils « combinent », créant un mode de vie unique. C’est fantastique !!!

D’après moi, la Cité était un carrefour culturel où les étudiants se croisent pour un moment de leurs études. Ils échangent leurs cultures par les langues universelles de l’humanité comme l’art, la science, le théâtre, le cinéma, le sport, la musique, la danse, l’exposition, les lettres….

Imaginez-vous, pour la première fois de ma vie, j’ai connu des étudiants étrangers qui venaient de Madagascar, de Taiwan, de Chine, de Colombie, du Venezuela, de Mexique, du Chili, du Gabon, du Sénégal, du Cameroun, du Turkménistan, de Géorgie, de Malaysie, d’Algérie, du Liban…

Pour la première fois, j’ai fait connaissance avec la culture africaine et chaleur des africains. Avant d’arriver à la Cité, je ne connaissais pas les caractéristiques de ceux-ci. J’étais très impressionnée par ces artistes qui reflètent si bien la profondeur de leur culture.

J’ai également découvert la riche civilisation asiatique. C’était mon premier contact humain et culturel avec des asiatiques (!). En cette circonstance, j’ai trouvé l’occasion de connaître les gens calmes d’Asie. Les gens qui ne connaissent pas de dispute, parlent toujours calmement !

En outre, j’ai remarqué l’esprit d’Amérique latine et ces gens communicatifs et vivants. Leurs musiques dynamiques, leur culture animée et leur attachement au football… J’y ai aussi compris à quel point les latins, d’Amérique et du pourtour méditerranéen se ressemblent.

Autrefois, je connaissais bien certaines cultures mais je ne savais pas les affinités entre elles. Je les y ai apprises. Comment ? Par exemple, les étudiants qui viennent d’Europe. Les allemands disciplinés, ponctuels, derrière leur apparence froide et distante, ce sont en fait de gens touchants et sentimentaux.

La gentillesse française, les italiens joyeux, les espagnoles amusantes, la discrétion des pays scandinaves. Je me souviens les différents rythmes des cultures variées qui me frappent quand je passe devant les « Maisons ».

Une chanson chinoise, un motif thaïlandais, un artiste japonais, un film indien raconte le mystère d’Asie comme un conte asiatique….

L’odeur délicieuse de pâtes italiennes, de la sangria espagnole, des saumons norvégiens, des fâmeuses tartes françaises et ces spécialités de la cuisine asiatique qui montent encore à mon nez.

Le rythme doux de la musique brésilienne, la musique passionnée du tango argentin, les variétés classiques russes, la mélodie jazz triste des Américains et la voix sentimentale et pleine de chaleur des chansons arabes reviennent à mon oreille.

Je me souviens de beaucoup d’anecdotes, souvenirs, amitiés, symboles.

La bibliothèque, le Resto U, le Théâtre, la Cafétéria, l’Alliance, la Piscine, la Fête des Nations, les activités sportives, les soirées culturelles, les conférences, les concerts, la grande pelouse, les fêtes, les pique-niques, le barbecue, les voyages, les gens sympathiques et souriants de la Cité me rappellent à cet adage : « partager tout sans attendre quoique ce soit » …

Trois ans de ma vie s’écoulèrent de la sorte…Comme le temps passe vite !!!

Un jour…le chemin de ces étudiants s’est croisé à la Cité ; avec le temps, leur chemin s’est de nouveau séparé. Ils se sont quittés et ils sont retournés dans leur pays d’origine et ils ont accédé à leur propre chemin de vie.

Qu’en est-il resté ? Leurs mémoires sont restées à la Cité derrière eux.Une nouvelle année vient encore. Le jour de l’an me rappelle la Cité. La nouvelle année me rappelle du vin chaud traditionnel de la Cité Universitaire qui nous a été offert à la Maison Internationale.

Je remercie beaucoup la Cité Universitaire pour tout ce qu’elle m’a donné. Je la remercie vivement pour la vie multiculturelle que j’y ai apprise et dont j’ai profité au cours de ma vie.

Sükun Sariçiçekmailgooglecom

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FRA: Les 40 ans de la Maison de l’Inde

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En tant qu’ancien résident de la cité et membre d’Alliance Internationale, j’essaie toujours de m’y rendre. Ce fut le cas le 14 septembre pour l’anniversaire de la Maison de l’Inde que je ne voulais pas manquer. Pour Cité Babel et grâce à M. Sanyal, le directeur de la Maison de l’Inde, je m’applique à faire connaître l’événement à ceux qui n’ont pas eu le bonheur d’y participer. Un lieu de rêves A l’image de la CIUP, née du rêve d’André Honnorat, son fondateur, «pour une paix universelle et fraternelle qui unirait tous les peuples du monde», la Maison de l’Inde est un lieu onirique. J’avais rapporté, à l’occasion de la fête anniversaire des 75 ans de la Maison du Japon, que cette dernière était née du rêve de Paul Claudel, alors ambassadeur de France au Japon. La Maison de l’Inde, quant à elle, est née du rêve de Monsieur R Krishman, président de l’Association des étudiants indiens à Paris et résident de la Maison des Provinces de France, qui avait évoqué auprès du Premier Ministre de l’Inde de l’époque, le Pandit Nehru, l’urgence de la réalisation d’une telle résidence. Et, comme le rappelait Marcel Pochard, actuel président de la CIUP, à l’occasion de cet anniversaire: «Auréolée par la gloire d’une accession exemplaire à la souveraineté sous l’égide du Mahatma Gandhi, l’Inde alors représentée par Jawaharlal Nehru, l’homme à la rose, la Maison de l’Inde ne pouvait qu’épouser les idéaux humanistes de la Cité.» Il rejoignait ainsi André François-Poncet, président de la CIUP lors de la pose de la première pierre, il y a quarante ans, qui disait : «Cette maison doit être un vivant symbole de toutes les rencontres, où l’art, la littérature, la réflexion philosophique, la recherche scientifique ont leur animation dans la reconnaissance des forces spirituelles et le respect de l’homme». Car la maison de l’Inde, ne peut être considérée seulement comme une résidence universitaire. C’est un véritable Centre Culturel de l’Inde à Paris, le seul encore pour le moment, et le lieu où tous les amis de l’Inde peuvent se retrouver, retrouver l’atmosphère de là-bas, et assister, dans une ambiance conviviale incomparable, à des manifestions artistiques introuvables ailleurs. Les portes et les coeurs grand ouverts La soirée commença vers 19h00 dans la salle Indira Ghandi et elle était ouverte à tous. Le discours d’ouverture fut prononcé par M. Sanyal, qui a d’abord rappelé le rôle de la maison de l’Inde. Culture millénaire, l’Inde est également devenue une grande puissance spatiale, ayant lancé, le 22 octobre dernier sur la Lune, un véhicule qui transporte des instruments scientifiques divers ainsi que le drapeau national qui se trouve donc maintenant sur le sol de notre satellite. M. Sanyal a ajouté que la coopération scientifique entre l’Inde et la France était très importante, et notamment dans le domaine spatial. L’Ambassadeur de l’Inde, dans son allocution, a confirmé les propos de M. Sanyal, ajoutant que cette coopération se développait rapidement, notamment dans cadre de Centre indo-français pour la promotion des recherches avancées. M. Pierre Riché, le premier directeur de la Maison de l’Inde qui avait été élu professeur à Nanterre en 1967 se souvenait un appartement de 150 m² entouré d’un grand parc où ses quatre enfants pouvaient se promener. Son plus petit fils, nous a-t-il raconté, partait en vélo en lui disant « je vais au Liban, en passant par la Norvège et le Japon. » Mais, a-t-il ajouté, n’étant qu’historien, je ne pouvais prévoir ce qui allait se passer au printemps 1968. Néanmoins, ces événements n’eurent que peu de répercussions à la Maison de l’Inde, contrairement aux maisons d’Espagne, d’Italie, du Maroc et du Portugal, qui étaient occupées par leurs étudiants. Place à la danse Partout en Inde, la danse est considérée comme un art sacré, l’expression de la dévotion envers les dieux et déesses. Mme Devasmita Patnaïk et une icône de la danse Odissi en France. L’émotion véhiculée par sa première danse, la Mangala Charan, dédiée au dieu Shiva, le bénéfique destructeur du mal et créateur du bien, dont la légende dit que de son chignon a jaillit le Gange, le fleuve sacré, est quasi-inénarrable. L’art de la danse implique la connaissance de nombreux domaines tels que les mathématiques, l’architecture, la sculpture, la peinture, et bien sûr la littérature car il faut aussi étudier le sanscrit. La prestation de l’artiste, après avoir tenu la salle en haleine, s’est conclue sous un tonnerre d’applaudissement. Le buffet indien La fête ne serait pas la fête à la maison si elle ne se terminait pas par un repas traditionnel indien. Le buffet avait été préparé par le restaurant de cuisine indienne Rama et se divisait en plat végétarien et non végétarien selon les goûts et convictions. Il y avait un grand assortiment de spécialités, parfois épicées, parfois sucrées et naturellement, le tout était couronné par le gâteau d’anniversaire auquel chacun a eu sa part. Les sourires circulaient, les conversations fusaient, les rencontres se nouaient et l’on faisait connaissance. A la délicieuse cuisine indienne venait s’ajouter du champagne à gogo, ou, pour ceux qui préféraient, du vin de Bordeaux qui coulait à flots. Une autre façon de développer la coopération entre l’Inde et la France.

Frédéric Sausse

www.maisondelinde.com

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FRA: Colloque : « Vers une nouvelle francophonie en Europe ? » 1er décembre 2008

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Le colloque, organisé par le Cercle Richelieu Senghor de Paris, traitait principalement de l’état actuel de l’espace francophone européen et de l’apparition d’un nouvel intérêt pour la francophonie qu’on ne peut pas toujours expliquer par les raisons traditionnelles. Pour une étudiante de Serbie, un des pays observateurs à l’Organisation internationale de la Francophonie, c’était l’occasion d’entendre sur place comment cette nouvelle francophonie est envisagée, et de la rapporter dans CB. Après l’ouverture et la conférence introductive prononcée par Mme Julia Kristeva, le colloque était réparti en quatre séances, abordant respectivement l’enjeu de la démarche vers la francophonie de différents pays européens, l’expérience de jeunes professionnels dont le parcours s’inscrit dans cet espace francophone, les questions sur l’emploi du français aujourd’hui, et l’avenir à envisager à partir de la nouvelle situation. Une diversité de propos s’organisait ainsi autour de quelques sujets essentiels. Il n’est pas facile d’en rendre compte par écrit, mais le colloque était très bien pensé et conçu de manière à susciter vraiment l’intérêt du public. Était-ce à cause de cette conception, ou du choix des participants, ou pour une troisième raison, il reste qu’on a pu observer quelque chose qui n’arrive pas toujours : les propos sur la francophonie présentaient une gamme d’informations utiles et de réflexions sérieuses, pourtant ils étaient souvent aussi des déclarations individuelles, marquées par l’expérience professionnelle et personnelle des intervenants. Et même si les interventions restaient bien réfléchies, c’était cet élément subjectif qui les rendait plus intéressantes et faisait comprendre qu’il ne s’agissait point d’un échange formel, mais d’une communication vivante qui tenait à coeur à tout le monde. C’était, en somme, un colloque intéressant et enrichissant. Il était clair que beaucoup de questions restaient ouvertes au sein de la communauté francophone, mais on sortait du public avec un plaisir incontestable d’y appartenir.

Nadja Djuric

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