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Colombie : Vert ou Jaune?

Colombia: verde o amarillo? >> Traducción a continuación de la versión en francés.

Gustavo Petro, Noemí Sanín, Antanas Mockus et Juan Manuel Santos

La vie politique colombienne semble sortir de sa léthargie. Le premier tour des élections présidentielles se tiendra le 30 mai prochain et l’on assiste à un phénomène politique d’une ampleur surprenante. Alors qu’on annonçait un duel  « de droite », pour une succession dans la droite ligne d’Alvaro Uribe entre l’uribiste Noemi Sanin et, du Parti conservateur, et Juan manuel Santos (de l’hyper-uribiste parti de la U), un ancien maire de Bogotá, membre du Partido Verde (PV), Aurelijus Rutenis Antanas Mockus Šivickas, plus simplement Mockus, vient redonner de l’espoir aux progressistes et intellectuels du pays. De souche lituanienne, fils de sculpteure, philosophe et mathématicien, Antanas Mockus est un véritable extra-terrestre dans la vie politique colombienne, traditionnellement conservatrice. Célèbre pour avoir montré son « cul » à des étudiants en arts chahuteurs pour pouvoir, radicalement, donner sa conférence, il connait actuellement une progression spectaculaire dans les sondages à 20% selon Semana. Santos est encore loin avec ses 30 %, mais certains espèrent en Colombie aujourd’hui que le bouche-à-oreille citoyen permettra à Mockus de l’emporter.

Mais pour ceux qui croyaient à ce changement possible, et qui souhaitaient mettre fin à la la politique de « sécurité démocratique »  menée par le populiste-et-populaire Uribe depuis 2002, qui divise le pays, stigmatise certains groupes tout en jouant sur les peurs des Colombiens, l’alternative historique semblait être le Polo Democrático (PD) de Gustavo Petro. Le Pôle Démocratique, de couleur jaune, des « LibDems » à la colombienne, concentraient jusqu’à il y a peu tous les espoirs des progressistes.

Mais le charismatique Mockus, répétant que « la vie est sacrée », que « les ressources publiques sont sacrées », plaidant pour un environnement sain et durable, semble provoquer un bouillonnement intellectuel, une mobilisation populaire et une véritable réveil démocratique national. Dans cette élection à la française (scrutin majoritaire à deux tours), pour la gauche colombienne le dilemme est le suivant : pour gagner, doit-on rester fidèle au PD, par habitude, ou faut-il s’ouvrir au PV de Mockus?

Le premier président vert du monde serait-il colombien? Certains découvrent l’écologie, mais commencent à y penser sérieusement.

Ci-après un message d’ami : Vert ou Jaune ?

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Je tenais à te soumettre une réflexion que j’ai eue par rapport à la campagne présidentielle en Colombie.

Comme tu le sais, je connais relativement mal le paysage et l’histoire politiques de ton pays, et, hors du jeu politique colombien, je ne voterai pas, mais je crois percevoir une lame de fond qui pourrait faire avancer les choses dans ce pays, dont je suis peut-être justement assez éloignée pour oser te soumettre cet avis. Bon, en propos liminaire, je complèterai par mon positionnement : je suis « écologiste radicale libertaire », ce qui conditionne certainement ce qui va suivre.

A quelques semaines du vote, nous ne sommes plus, et pas encore, dans la phase d’analyse politique, mais bien dans la phase de la conquête du pouvoir par un nouveau leader. Celle-ci, au sens de Machiavel, ne doit pas s’embarrasser d’hésitations ou de débat internes interminables, surtout quand on sait que le candidat d’en face (Santos) dispose d’une armée de militants et d’une stratégie d’influence très bien ancrée dans les cercles de pouvoir.

Il me semble qu’aujourd’hui la Colombie progressiste reste cependant divisée en deux camps, qui, ensemble seraient majoritaires, mais qui, opposés, laisseraient un boulevard au candidat « uribiste ». Le jeu d’échec de l’élection présidentielle, surtout avec le scrutin majoritaire à deux tours, pourrait bien en fait consacrer un candidat minoritaire à la fonction suprême.

Faut-il, pour vous « progressistes », soutenir le PD, qui a depuis des années représenté le seul espoir de changement ou le PV, phénomène politique dont la germination récente surprend l’observateur, et qui est certainement dû à la figure d’Antanas Mockus, intellectuel et « vert » au sens européen du terme?

Il me semble que la polarisation de l’espace politique colombien s’est accrue au cours des années Uribe et que, de ton point de vue, le PD pourrait représenter LE vote 100 % changement, anti-mafias, clientélisme : le renouveau que ceux qui ont tout de suite vu clair à travers la politique de sécurité démocratique, ont toujours espéré.

Cependant, en terme d’union nationale et de perception internationale, faut-il, pour la Colombie, ce coup de barre à gauche ? Je m’explique. La popularité de l’actuel président reste indéniable, l’arrivée d’un parti « jaune » ou « orange » au pouvoir ne permettrait-elle pas à terme une « Restauration » par la Colombie conservatrice, en un mot, n’accroîtrait-elle pas la polarisation d’un pays qui cherche son union ?

D’un point de vue stratégique, n’y a-t-il pas un risque pour les Colombiens que l’élection du candidat PD, fasse croire à une filiation bolivarienne du pays avec les mouvements de gauche que l’on constate à ses frontières (ne parlons pas de Chavez….), c’est-à-dire une décrédibilisation du mouvement politique pro-changement, qui semble pourtant authentique? Je ne sais pas, en outre, si les prises de positions du PD sur les questions « sociales » (femmes, contraception, avortement, gays …) n’ont pas quelque peu troublé son « positionnement » politique.

Je comprendrais tout à fait si l’on me répondait: « tu n’y connais rien; Uribe et ses sbires ont vicié la vie politique colombienne ; seul le Polo peut permettre un retour aux valeurs de solidarité, d’éthique.. » :

1 Est-ce vrai?
2 N’y a-t-il pas mieux à faire?

Tu me vois venir avec le « mieux »… Dans cette lutte à mort entre les candidats, ne faut-il pas voir plus loin? Ne faut-il pas soutenir l’émergence d’une force écologique et morale (je ne crois pas que Mockus ait tapé dans la caisse de la mairie de Bogota…?) qui serait en fait visionnaire. Aucun chef d’état dans le monde (à ma connaissance) n’est « vert ». Quels seraient les titres des journaux du monde le 1er juin 2010 au matin (en cas de tour unique) si la Colombie était le premier pays à franchir le pas ? Je crois comprendre que Mockus, pour devenir populaire, a dû s’adresser au peuple, employant parfois une rhétorique simple qui éveille la méfiance de ta pensée élitiste. MAIS, comme évoqué en introduction, aujourd’hui, il s’agit de gagner, pas de démontrer que le philosophe sait philosopher.

Voilà, donc rapidement, as-tu pensé à ce qui pourrait engendrer le vrai changement pour la Colombie? T’es-tu suffisamment distancée pour regarder le long terme, sans inconsciemment prendre une « vengeance » contre le clan de Medellin, qui a confisqué le pouvoir depuis 2004? Je pense qu’il est malaisé pour un citoyen colombien « progressiste » de réellement faire son choix : jaune ou vert?

C’est pour cela que je voulais essayer de parler, en français, du vrai changement, de l’unité nationale et d’un progressisme qui, venant de Colombie, pourrait surprendre le monde. Je sais que ces questions t’interpelleront certainement, et je serais très contente si tes potes pouvaient peut-être t’aider à mener ces réflexions, la politique ne se faisant jamais seule.

En tous cas à bientôt et bon courage,

Ulrike

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Quiero proponerte esta reflexión con respecto a la campaña presidencial en Colombia.* Como lo sabes, conozco mal el paisaje y la historia política de tu país, y, fuera del juego político colombiano, no votaré pero creo percibir una ola de fondo que podrá hacer avanzar las cosas en un país del cual estoy tal vez justamente lo suficientemente alejado para osar proponerte esta opinión. Bueno, en las observaciones introductorias, complementaré por mi posicionamiento: soy « ecologista radical libertaria », lo que condiciona seguramente lo que sigue.

A pocas semanas del voto ya no estamos en la fase de análisis político, sino en la fase de la conquista del poder por un nuevo líder. Ésta fase, en el sentido de Maquiavelo, no debe cargarse de dudas o de debates internos interminables, sobre todo cuando sabemos que el candidato que tenemos en frente (Santos) dispone de una armada de militantes y de una estrategia de influencia muy bien anclada en los círculos del poder.

Me parece que hoy la Colombia progresista sigue sin embargo dividida en dos campos, que juntos, serían mayoritarios, pero que separados, dejarían el camino libre al candidato “uribista”. El juego de ajedrez de las elecciones presidenciales, sobre todo cuando se juega a votación mayoritaria en dos vueltas, podría de hecho consagrar un candidato minoritario en la función suprema.

¿Hay que apoyar al Polo Democrático (PD), que desde hace algunos años ha representado la única esperanza de cambio, o al Partido Verde (PV), fenómeno político cuya germinación reciente sorprende al observador, y que se debe seguramente a la figura de Antanas Mockus, intelectual y « verde » en el sentido europeo del término?

Me parece que la polarización del espacio político colombiano ha aumentado a lo largo de los años Uribe, y que, desde tu punto de vista, el Polo Democrático podría representar EL voto 100% cambio, anti-mafias, clientelismo: la renovación que esperaron siempre aquellos que vieron claro de inmediato y a través de la política de seguridad democrática.

Sin embargo, en términos de unión nacional y de percepción internacional, es necesario para Colombia este cambio de dirección extremo hacia la izquierda?  Me explico. La popularidad del presidente actual es innegable, así ¿ la llegada de un partido “amarillo” o “naranja” al poder no permitiría a la larga una Restauración de la Colombia conservadora?, en otras palabras, ¿la elección del PD no incrementaría la polarización de un país que busca su unión?

Desde un punto de vista estratégico, no representa un riesgo para los colombianos que la elección del candidato del Polo Democrático cree una filiación bolivariana del país con los movimientos de izquierda que observamos en sus fronteras? (no hablemos de Chavez…) Es decir una desacreditación del movimiento político pro-cambio, que parecería sin embargo auténtica? No sé, además, si las tomas de posición del Polo sobre los asuntos sociales (mujeres, contracepción, aborto, homosexuales… ) no han de algún modo alterado su « posicionamiento » político?

Comprendería si alguien me respondiera: “Tu no sabes nada; que Uribe y sus esbirros viciaron la vida política colombiana y que sólo el Polo puede permitir un retorno a los valores de solidaridad y ética…. »

1.       ¿Es esto cierto?

2.       ¿No hay nada mejor por hacer?

En esta lucha a muerte entre los candidatos, ¿no hay que ver más lejos? ¿No hay que apoyar la emergencia de una fuerza ecológica y moral (no creo que Mockus haya tumbado a la alcaldía de Bogota… ?) que sería de hecho visionaria? Ningún jefe de estado (que yo sepa) en el mundo es verde. ¿Cuáles serían los títulos de los periódicos del mundo en la mañana del primero de junio de 2010 (en caso de que Mockus ganara en la primera vuelta) si Colombia fuera el primer país en dar ese paso? Creo comprender que Mockus, para ganar popularidad, debió dirigirse al pueblo, empleando a veces una retórica simple que despierta la desconfianza de tu pensamiento. PERO, como dije en la introducción, hoy, se trata de ganar, no de demostrar que el filósofo sabe filosofar.

Aquí están entonces rápidamente mis reflexiones, ¿ has pensado en eso que podría engendrar un verdadero cambio para Colombia ? ¿ Te has distanciado lo suficiente para ver a largo plazo, sin tomar inconscientemente una posición de venganza contra el clan de Medellín que ha confiscado el poder desde el 2004 ? Pienso que no es fácil para un ciudadano colombiano “progresista” realmente escoger: ¿verde? o ¿amarillo?

Es por ello que quise hablar, en francés, del cambio verdadero, de la unidad nacional y de un progresismo que, viniendo de Colombia, podría sorprender al mundo. Sé que estas preguntas ciertamente te interpelarán y estaré muy contenta si tu círculo social podría ayudar tal vez a dirigir estas reflexiones, ya que la política no se hace jamás de forma solitaria.

En todo caso, hasta pronto y ánimo,

UM

* E-mail escrito originalmente en la lengua materna de UM,  autora francesa de ésta epístola.  Traducido generosamente al español por Rocío Pérez  y gracias a su iniciativa para contribuír a su difusión.


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ESP – FRA – POESIA : Del diario de un viaje a Guinea Bissau.

Guinea Bissau. Catiô. 7/7/09 – 10.58pm

Algún lugar encontraré,

donde hablen en criolo.

Yo hablo español, inglés y francés

y un poco de italiano,

Cada día más. Lire la suite

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ESP – LACIDAD: RELIGIÓN Y ESPACIO PÚBLICO

En la entrada de la Ciudad Internacional Universitaria de Paris, justo frente a la Maison Internationale, se encuentra un gran círculo donde están inscritos algunos de los principios fundadores de la institución. En este artículo queremos llamar la atención sobre uno de ellos: la laicidad. “Concebida desde su fundación como un espacio laico –dice en francés el mensaje que evocamos– la Ciudad Internacional no dispone de ningún lugar de culto”. Sin duda se trata de un magnífico y directo mensaje de bienvenida de la concepción francesa de la laicidad para todos los visitantes y residentes recién llegados. Es la entrada de un “espacio laico”, vacío por tanto de toda forma de manifestación religiosa. Y es que en efecto, la desaparición de la religión del espacio público constituye acaso la más importante de las implicaciones de la laicidad, al menos en su versión francesa. Lire la suite

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ESP – INDEPENDENCIA, REVOLUCIÓN Y RELIGIÓN

El año 2010 será en muchos países de América Latina un año de conmemoraciones. En efecto, lo mismo Argentina, que México o Colombia celebrarán el bicentenario del inicio de su independencia. Momento doblemente fundador de los Estados nacionales latinoamericanos contemporáneos, pues concierne al mismo tiempo la construcción de éstos a partir de la disolución del antiguo imperio hispánico y la entrada de toda la región en la modernidad política. Por ello, ya desde el propio siglo XIX, se calificaba a este doble proceso como una revolución, emparentada con las otras que tuvieron lugar en el mundo atlántico, la primera de ellas, la Revolución francesa. Relación profundamente ambigua, Francia era presentada lo mismo como modelo de los a alcanzar, pero también como un recordatorio de los peores escenarios de la violencia revolucionaria. Lire la suite

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ESP – Los viejos « grupis » de Elliott Murphy

Nunca había escuchado hablar de él. Cuando lo vi caminando entre la gente en el auditorio del Collège Franco-Britannique ese domingo en la tarde, con su sombrero moteado de piel de guepardo, si los guepardos fueran blancos, y su pelo blanco y liso que le caía a los dos lados de la cara, y su chaleco, y su pinta de mago, si los magos dejaran de utilizar su copa negra y alta y ridícula, pensé que era uno de esos personajes de la Cité que todos hemos visto alguna vez y que muchos vemos casi todos los días, como fantasmas en los lugares que, tal vez y sólo tal vez, habitaron antes y de los cuales no han podido despegarse nunca. Alguno que, por casualidad, yo no conociera. Ya adentro, cuando vi de reojo los discos en la entrada, con la fotografía de su cara, y mientras buscaba a Jeanne, mi novia, que me guardaba un puesto en la tercera fila, me di cuenta de que “él” era Elliott Murphy. Lire la suite

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Hispanoparlantes de la Cité Internationale… ¡únanse!… O ¡uníos!

Colombiens, Espagnols, Vénézuéliens, Mexicains, Argentins, Chiliens… Identifier les espagnols de la Cité c’est se rendre compte de l’immense variété d’accents et d’expressions. Les langues parlées diffèrent, mais quel est l’espagnol « correct » pour les héritiers de la langue de Lorca, Borges et Paz ? Laura s’amuse avec ce phénomène, amplifié dans le microcosme de la Cité, retrace l’histoire de la mise en cohérence de cette langue riche, et suggère précisément de prendre soin de ces douces différences.

PS : La traduction arrive bientôt! Merci de votre compréhension.

Aquellos habitantes de la Cité Internationale de Paris cuya lengua materna es hispana son no sólo difíciles de contar, sino de clasificar. Y esta tarea, aunque divertida, es engorrosa. Más aún si empezamos a dividir a los hispanos de uno y otro lado del Atlántico. Los “hispanoparlantes” de la Cité se divierten escuchando y comparando. Se trata de un juego de palabras que no implica más que atrapar lo que queda en el aire. Pero dentro de los juegos se esconde la refinada ironía propia de la cultura con la que se viste este idioma… y las desconfiadas miradas de reojo entre una y otra advocación del habla de Cervantes y de García Márquez.
Dentro de la inmensa riqueza de las lenguas de España y las metamorfosis que adoptaron en América con las lenguas indígenas, la diversidad culta lucha contra las discusiones fútiles. Hace mucho que nos hemos dado cuenta de que el idioma más que algo abstracto pareciera más bien tomar la forma de un animal salvaje ; y como tal, cambia, evoluciona y crece. ¿Se podrá dominar a este animal? Una vez preso, cambiará de forma. Observar su belleza traerá seguramente muchos menos cotilleos bizantinos que determinar cuál es la exacta, o cuál es la “correcta” forma de hablar la lengua de Lorca, de las versiones y diversiones de Paz, de la hilarante modestia de Borges y de tantos otros que lo hablan y lo transforman hoy. El español que habla esta inmensa cantidad de gente no es, en efecto, el mismo.

Si los hispanoparlantes ibéricos no hablan un español uniforme, mucho menos lo hacen los del inmenso continente que encontraron estos hace ya cinco siglos. Por eso, aquél que logre identificar lenguas hispanas dentro de la Cité se dará cuenta de la inmensa cantidad de acentos melódicos, palabras, caracteres, expresiones y emociones que incluso entre los hablantes de la “misma” lengua, se pierden en la traducción de castellano a castellano. Una Real Academia en España fue creada para “sacudir el polvo al idioma” y hacer con los recursos del habla un informe regulador y detallado del paso de la lengua en la vida diaria y a través del tiempo. Esta noble gente se dedica desde hace siglos a limpiar las expresiones extranjeras y la excesiva innovación, una lucha que se libra también en estas tierras galas… sin mayores resultados. Lire la suite

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ESP – Lenguas, hombres y culturas (FRA: Langues, hommes et cultures : réflexions sur le panorama linguistique de l’Amérique Hispanique)

Lenguas, hombres y culturas: Reflexiones sobre el panorama lingüístico de Hispanoamérica

 

por Angélika Simbaqueba

 

 

La vida de las montañas

está en la voz de sus pájaros.

La voz de los pueblos

son sus cantores:

un pueblo mudo

es un pueblo muerto.

 

Humberto Ak’abal,  poeta guatemalteco de la etnia Maya K’iche

 

 

 Imaginemos la historia de un dios furioso que decide castigar a los hombres por su soberbia, creando una terrible confusión lingüística que los obligaría a dispersarse por la tierra y abandonar el proyecto de querer llegar hasta el cielo. La leyenda de la Torre de Babel, al igual que el Popul Vuh, libro sagrado de los Mayas, y muchos otros relatos que intentan explicar la génesis de las lenguas, plantea el éxodo como condición esencial para la multiplicación de las razas y las culturas. Pareciera que para los dioses resulta contraproducente que los hombres hablen una sola lengua, por el contrario, las diferencias lingüísticas favorecerían el futuro de la humanidad. Las ciencias, por su parte, también han intentado explicar el origen y evolución del lenguaje articulado, las conclusiones parecen sin embargo ser las mismas que revela la mitología: las lenguas son depositarias de la historia de la humanidad y los hombres, creadores instintivos de signos, son “animales simbólicos” por naturaleza.

 

 Las lenguas, además de ser el instrumento esencial de comunicación entre los hombres, son verdaderos espejos de la ideología de los pueblos, espejos a veces empañados o rotos  por las circunstancias de las diferentes épocas. ¿Cuál es la situación actual de las lenguas de Hispanoamérica? ¿En qué medida esta situación lingüística revela la identidad y los procesos culturales de sus pueblos?

 

   La sede la Unesco de Paris es un escenario importante de reflexión sobre la situación de las lenguas en peligro de extinción. Este año, durante la clausura oficial del Año Internacional de las Lenguas y, en el marco de la celebración del día internacional de la lengua materna el pasado 21 de febrero, especialistas y representantes de varios países han manifestado su preocupación ante la vertiginosa desaparición de muchas lenguas autóctonas del planeta. Según los estudios presentados en la nueva edición del Atlas Unesco de las lenguas en peligro, 23 lenguas han desaparecido completamente del territorio hispanoamericano en los últimos 50 años. De las 600 lenguas amerindias existentes aun en la actualidad, aproximadamente 448 estarían en situación de alta vulnerabilidad. De ellas 144 en México, 64 en Colombia y 57 en Perú.

 

     Las lenguas amerindias, únicas estructuras de los sistemas culturales prehispánicos que han sobrevivido hasta nuestros días, corren el riesgo de desaparecer por diversas causas. Según, Jesús García Ruiz, director de investigaciones del Centro Nacional de Investigación Científica de Francia (CNRS), el fenómeno de la globalización fragmenta la identidad de los pueblos. Las lenguas indígenas sufrirían un cierto desprestigio ante las “lenguas dominantes”, lo que llevaría a sus hablantes a abandonar poco a poco su lengua materna, desvalorizando así su cultura y visión del mundo.

     Al perder su lengua materna, los individuos no sólo pierden su forma esencial de comunicación, sino su identidad y la posibilidad de acceder a los conocimientos propios de su cultura. Las implicaciones de esta realidad en el plano educativo son alarmantes, al no utilizar las lenguas autóctonas en las escuelas, se condena a los niños al analfabetismo.

     Ante esta problemática, la Unesco, El Grupo de Países No Alineados, y otras organizaciones como la Fundación Chirac y su programa Sororo, para que vivan las lenguas del mundo, fomentan la protección de las lenguas amerindias como parte del patrimonio inmaterial de la humanidad y la creación de políticas que reivindiquen la igualdad de las lenguas y el derecho de todos los hombres a recibir educación en su lengua materna. Sólo a través de la educación sería posible la creación de puentes interculturales que permitan el reconocimiento del pluralismo lingüístico.

 

    Sin embargo, al ser fenómenos tan complejos, las lenguas no pueden reducirse al antagonismo clásico entre “dominadas” y “dominantes”. Una lengua no es un objeto inerte, es una entidad tan viva como sus hablantes, un caleidoscopio que permite a los hombres crear y recrear el mundo. Así las cosas, gracias a la capacidad lingüística, el hombre parecería estar más cerca de los creadores que de las creaturas.

Aborigen Revista Alba

Langues, hommes et cultures : réflexions sur le panorama linguistique de l’Amérique Hispanique

 

La vie des montagnes

est dans la voix de ses oiseaux

La voix des peuples

ce sont leurs chanteurs :

un peuple muet

est un peuple mort

 

Humberto Ak’abal, poète guatémaltèque de l’ethnie Maya K’iche

 

     Imaginons l’histoire d’un dieu furieux qui décide de punir les hommes par son orgueil, en créant une terrible confusion linguistique qui les obligerait à se disperser sur la terre et à abandonner le projet de vouloir arriver au ciel. La légende de la Tour de Babel, ainsi que le Popul Vuh, livre sacré des Mayas, et beaucoup d’autres récits qui essaient d’expliquer la genèse des langues, présente l’exode comme condition essentielle à la multiplication des races et des cultures. Il semblerait que pour les dieux il n’est pas très convenable que les hommes parlent la même langue et que, au contraire, les différences linguistiques favoriseraient l’avenir de l’humanité. Pour sa part, la science a aussi essayé d’expliquer l’origine et l’évolution du langage articulé. Les conclusions sembleraient cependant être les mêmes que celles révélées par la mythologie : les langues sont dépositaires de l’histoire de l’humanité et les hommes, créateurs instinctifs de signes, sont des « animaux symboliques » par nature.

     Instrument essentiel de communication entre les hommes, les langues sont de surcroît de vrais miroirs de l’idéologie des peuples, même si ces miroirs sont parfois embués ou cassés par diverses circonstances d’époque. Quelle est la situation actuelle des langues de l’Amérique hispanique ? Dans quelle mesure cette situation linguistique révèle-t-elle l’identité et les processus culturels de ses peuples?

     Le siège de l’Unesco à Paris est une scène importante pour la réflexion sur la situation des langues en danger de disparition. Cette année, lors de la clôture officielle de l’Année Internationale des Langues et dans le cadre de la célébration de la journée internationale de la langue maternelle le 21 février dernier, des spécialistes et des représentants de plusieurs pays ont manifesté leur préoccupation face à la disparition vertigineuse de beaucoup de langues autochtones de la planète. Selon les études présentées dans la nouvelle édition de l’Atlas Unesco des langues en danger, 23 langues ont complètement disparu du territoire hispano-américain dans les cinquante dernières années. Des 600 langues amérindiennes actuellement existantes, près de 448 seraient dans une situation de haute vulnérabilité, parmi lesquelles 144 au Mexique, 64 en Colombie et 57 au Pérou.

     Les langues amérindiennes, les seules structures de systèmes culturels préhispaniques ayant survécu jusqu’à nos jours, courent le risque de disparaître pour des causes diverses. D’après Jesús García Ruiz, directeur de recherches du Centre National de Recherche Scientifique   (CNRS), le phénomène de la globalisation fragmente l’identité des peuples. Les langues indigènes subiraient une certaine perte de prestige face aux « langues dominantes », ce qui pourrait amener les locuteurs à abandonner progressivement leur langue maternelle, en dévalorisant ainsi leur culture et leur vision du monde

     En perdant sa langue maternelle, un individu ne perd pas seulement sa forme essentielle de communication mais aussi son identité et la possibilité d’accéder aux savoirs et connaissances de sa culture. Les implications de cette réalité sur le plan éducatif sont alarmantes. Ne pas utiliser les langues autochtones dans les écoles, c’est condamner les enfants à l’analphabétisme. Face à cette problématique, l’Unesco, Le Mouvement des Pays Non alignés, et d’autres organisations comme la Fondation Chirac et son programme Sororo, pour que vivent les langues du monde, promeuvent la protection des langues amérindiennes en tant que patrimoine immatériel de l’humanité et la création de politiques qui revendiquent l’égalité des langues et le droit de tous les hommes à recevoir une éducation dans leur langue maternelle. A travers la seule éducation il serait ainsi possible de créer de ponts interculturels permettant la reconnaissance du pluralisme linguistique. 

  Cependant, en tant que phénomènes hypercomplexes, les langues ne peuvent pas être réduites à l’antagonisme classique entre « dominées » et « dominantes ». Une langue n’est pas un objet inerte. Elle est une entité aussi vivante que ses locuteurs. Un kaléidoscope qui permet aux hommes de créer et de récréer le monde. Grâce à la capacité linguistique, l’homme semblerait donc être plus près des créateurs que des créatures.

Angélika Simbaqueba

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