ESP – Lenguas, hombres y culturas (FRA: Langues, hommes et cultures : réflexions sur le panorama linguistique de l’Amérique Hispanique)

Lenguas, hombres y culturas: Reflexiones sobre el panorama lingüístico de Hispanoamérica

 

por Angélika Simbaqueba

 

 

La vida de las montañas

está en la voz de sus pájaros.

La voz de los pueblos

son sus cantores:

un pueblo mudo

es un pueblo muerto.

 

Humberto Ak’abal,  poeta guatemalteco de la etnia Maya K’iche

 

 

 Imaginemos la historia de un dios furioso que decide castigar a los hombres por su soberbia, creando una terrible confusión lingüística que los obligaría a dispersarse por la tierra y abandonar el proyecto de querer llegar hasta el cielo. La leyenda de la Torre de Babel, al igual que el Popul Vuh, libro sagrado de los Mayas, y muchos otros relatos que intentan explicar la génesis de las lenguas, plantea el éxodo como condición esencial para la multiplicación de las razas y las culturas. Pareciera que para los dioses resulta contraproducente que los hombres hablen una sola lengua, por el contrario, las diferencias lingüísticas favorecerían el futuro de la humanidad. Las ciencias, por su parte, también han intentado explicar el origen y evolución del lenguaje articulado, las conclusiones parecen sin embargo ser las mismas que revela la mitología: las lenguas son depositarias de la historia de la humanidad y los hombres, creadores instintivos de signos, son “animales simbólicos” por naturaleza.

 

 Las lenguas, además de ser el instrumento esencial de comunicación entre los hombres, son verdaderos espejos de la ideología de los pueblos, espejos a veces empañados o rotos  por las circunstancias de las diferentes épocas. ¿Cuál es la situación actual de las lenguas de Hispanoamérica? ¿En qué medida esta situación lingüística revela la identidad y los procesos culturales de sus pueblos?

 

   La sede la Unesco de Paris es un escenario importante de reflexión sobre la situación de las lenguas en peligro de extinción. Este año, durante la clausura oficial del Año Internacional de las Lenguas y, en el marco de la celebración del día internacional de la lengua materna el pasado 21 de febrero, especialistas y representantes de varios países han manifestado su preocupación ante la vertiginosa desaparición de muchas lenguas autóctonas del planeta. Según los estudios presentados en la nueva edición del Atlas Unesco de las lenguas en peligro, 23 lenguas han desaparecido completamente del territorio hispanoamericano en los últimos 50 años. De las 600 lenguas amerindias existentes aun en la actualidad, aproximadamente 448 estarían en situación de alta vulnerabilidad. De ellas 144 en México, 64 en Colombia y 57 en Perú.

 

     Las lenguas amerindias, únicas estructuras de los sistemas culturales prehispánicos que han sobrevivido hasta nuestros días, corren el riesgo de desaparecer por diversas causas. Según, Jesús García Ruiz, director de investigaciones del Centro Nacional de Investigación Científica de Francia (CNRS), el fenómeno de la globalización fragmenta la identidad de los pueblos. Las lenguas indígenas sufrirían un cierto desprestigio ante las “lenguas dominantes”, lo que llevaría a sus hablantes a abandonar poco a poco su lengua materna, desvalorizando así su cultura y visión del mundo.

     Al perder su lengua materna, los individuos no sólo pierden su forma esencial de comunicación, sino su identidad y la posibilidad de acceder a los conocimientos propios de su cultura. Las implicaciones de esta realidad en el plano educativo son alarmantes, al no utilizar las lenguas autóctonas en las escuelas, se condena a los niños al analfabetismo.

     Ante esta problemática, la Unesco, El Grupo de Países No Alineados, y otras organizaciones como la Fundación Chirac y su programa Sororo, para que vivan las lenguas del mundo, fomentan la protección de las lenguas amerindias como parte del patrimonio inmaterial de la humanidad y la creación de políticas que reivindiquen la igualdad de las lenguas y el derecho de todos los hombres a recibir educación en su lengua materna. Sólo a través de la educación sería posible la creación de puentes interculturales que permitan el reconocimiento del pluralismo lingüístico.

 

    Sin embargo, al ser fenómenos tan complejos, las lenguas no pueden reducirse al antagonismo clásico entre “dominadas” y “dominantes”. Una lengua no es un objeto inerte, es una entidad tan viva como sus hablantes, un caleidoscopio que permite a los hombres crear y recrear el mundo. Así las cosas, gracias a la capacidad lingüística, el hombre parecería estar más cerca de los creadores que de las creaturas.

Aborigen Revista Alba

Langues, hommes et cultures : réflexions sur le panorama linguistique de l’Amérique Hispanique

 

La vie des montagnes

est dans la voix de ses oiseaux

La voix des peuples

ce sont leurs chanteurs :

un peuple muet

est un peuple mort

 

Humberto Ak’abal, poète guatémaltèque de l’ethnie Maya K’iche

 

     Imaginons l’histoire d’un dieu furieux qui décide de punir les hommes par son orgueil, en créant une terrible confusion linguistique qui les obligerait à se disperser sur la terre et à abandonner le projet de vouloir arriver au ciel. La légende de la Tour de Babel, ainsi que le Popul Vuh, livre sacré des Mayas, et beaucoup d’autres récits qui essaient d’expliquer la genèse des langues, présente l’exode comme condition essentielle à la multiplication des races et des cultures. Il semblerait que pour les dieux il n’est pas très convenable que les hommes parlent la même langue et que, au contraire, les différences linguistiques favoriseraient l’avenir de l’humanité. Pour sa part, la science a aussi essayé d’expliquer l’origine et l’évolution du langage articulé. Les conclusions sembleraient cependant être les mêmes que celles révélées par la mythologie : les langues sont dépositaires de l’histoire de l’humanité et les hommes, créateurs instinctifs de signes, sont des « animaux symboliques » par nature.

     Instrument essentiel de communication entre les hommes, les langues sont de surcroît de vrais miroirs de l’idéologie des peuples, même si ces miroirs sont parfois embués ou cassés par diverses circonstances d’époque. Quelle est la situation actuelle des langues de l’Amérique hispanique ? Dans quelle mesure cette situation linguistique révèle-t-elle l’identité et les processus culturels de ses peuples?

     Le siège de l’Unesco à Paris est une scène importante pour la réflexion sur la situation des langues en danger de disparition. Cette année, lors de la clôture officielle de l’Année Internationale des Langues et dans le cadre de la célébration de la journée internationale de la langue maternelle le 21 février dernier, des spécialistes et des représentants de plusieurs pays ont manifesté leur préoccupation face à la disparition vertigineuse de beaucoup de langues autochtones de la planète. Selon les études présentées dans la nouvelle édition de l’Atlas Unesco des langues en danger, 23 langues ont complètement disparu du territoire hispano-américain dans les cinquante dernières années. Des 600 langues amérindiennes actuellement existantes, près de 448 seraient dans une situation de haute vulnérabilité, parmi lesquelles 144 au Mexique, 64 en Colombie et 57 au Pérou.

     Les langues amérindiennes, les seules structures de systèmes culturels préhispaniques ayant survécu jusqu’à nos jours, courent le risque de disparaître pour des causes diverses. D’après Jesús García Ruiz, directeur de recherches du Centre National de Recherche Scientifique   (CNRS), le phénomène de la globalisation fragmente l’identité des peuples. Les langues indigènes subiraient une certaine perte de prestige face aux « langues dominantes », ce qui pourrait amener les locuteurs à abandonner progressivement leur langue maternelle, en dévalorisant ainsi leur culture et leur vision du monde

     En perdant sa langue maternelle, un individu ne perd pas seulement sa forme essentielle de communication mais aussi son identité et la possibilité d’accéder aux savoirs et connaissances de sa culture. Les implications de cette réalité sur le plan éducatif sont alarmantes. Ne pas utiliser les langues autochtones dans les écoles, c’est condamner les enfants à l’analphabétisme. Face à cette problématique, l’Unesco, Le Mouvement des Pays Non alignés, et d’autres organisations comme la Fondation Chirac et son programme Sororo, pour que vivent les langues du monde, promeuvent la protection des langues amérindiennes en tant que patrimoine immatériel de l’humanité et la création de politiques qui revendiquent l’égalité des langues et le droit de tous les hommes à recevoir une éducation dans leur langue maternelle. A travers la seule éducation il serait ainsi possible de créer de ponts interculturels permettant la reconnaissance du pluralisme linguistique. 

  Cependant, en tant que phénomènes hypercomplexes, les langues ne peuvent pas être réduites à l’antagonisme classique entre « dominées » et « dominantes ». Une langue n’est pas un objet inerte. Elle est une entité aussi vivante que ses locuteurs. Un kaléidoscope qui permet aux hommes de créer et de récréer le monde. Grâce à la capacité linguistique, l’homme semblerait donc être plus près des créateurs que des créatures.

Angélika Simbaqueba

Publicités

Poster un commentaire

Classé dans Espagnol, Français

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s